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10 Nov 2019 | International, Trafic
 

C’est une histoire hallucinante. Qui nous rappelle comment de gros contrebandiers « historiques » du tabac peuvent encore se jouer des lenteurs de différentes juridictions du continent européen.

En effet, les autorités espagnoles accusent, depuis un temps certain, José Ramón Nené Barral – ancien maire (Parti populaire, situé à droite de l’échiquier espagnol) de Ribadumia, dans la région espagnole de Galice – d’avoir dirigé l’une des plus importantes organisations de contrebande de tabac d’Europe, et ce, pendant 35 ans.

Rappelons qu’historiquement certaines familles mafieuses galiciennes ont un lourd passif de contrebande de tabac et de trafic de drogue.

•• Et le tribunal fédéral helvétique vient, enfin, de valider une « demande d’entraide » judiciaire qui permettra au juge espagnol, en charge de l’affaire, de consulter les relevés bancaires suisses d’une des filles de l’accusé : une résidente genevoise soupçonnée de faire partie de l’organisation criminelle.

Il était temps car les autorités espagnoles sont en procédure avec Nené Barral depuis 2001, date d’un premier coup de filet qui avait conduit à son arrestation avec 17 autres personnes. Mais après huit ans de procédure, dont plusieurs demandes infructueuses d’entraide à la Suisse, les accusations pénales avaient été abandonnées en 2009.

•• Poursuivi, en définitive, sur le seul volet fiscal, Nené Barral avait conclu un accord en 2016 avec la justice galicienne, qui s’apprêtait à requérir huit ans de prison ferme à son encontre. Le maire déchu s’en était sorti avec une peine d’un an et une amende de 700 000 euros.

Mais les procureurs n’avaient pas lâché l’affaire pour autant. En parallèle de la procédure fiscale, le parquet de Lugo a relancé l’enquête pénale, dès 2014, dans une nouvelle opération baptisée Zebra. C’est dans ce cadre que l’Espagne a à nouveau sollicité l’aide des autorités suisses … en juin 2018.

•• Selon la demande espagnole, résumée dans un arrêt du tribunal pénal fédéral (TPF), « Nené Barral serait le chef de l’une des plus importantes organisations de contrebande de tabac d’Europe avec des connexions s’étendant à plusieurs pays :  comme le Portugal, les États-Unis, la Grèce, la Roumanie, la Chine, les Émirats arabes unis, le Royaume-Uni. Les membres de la famille Barral feraient partie de l’organisation criminelle et prendraient part aux activités illégales de contrebande de tabac et de blanchiment de capitaux. »

•• Au cœur de ce réseau familial, les autorités espagnoles désignent, désormais, l’une des filles de Nené Barral qui agirait « en tant qu’adjointe et bras droit de son père ». Viennent ensuite trois autres enfants : un fils basé en Italie et deux filles établies en Suisse.

Toujours selon la demande d’entraide : « ces derniers utiliseraient précisément cette localisation pour atteindre un degré́ maximal d’impunité́ dans leurs activités criminelles, tant pour celles qui sont susceptibles de présenter un support aux opérations de contrebande de tabac que celles dérivées du blanchiment de capitaux ».

•• C’est d’ailleurs l’une des deux filles, résidente genevoise, qui s’est opposée par un recours à la demande des autorités espagnoles. Pourtant, chargé de l’exécution de la demande espagnole, le ministère public de Genève a ordonné la transmission à l’Espagne de plusieurs documents bancaires en mars de cette année. Le tribunal pénal fédéral a débouté le recours de la fille, le 3 septembre.

Et le tribunal fédéral vient d’en faire de même : le 2 octobre. Cela avance …

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