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24 Fév 2021 | Associations
 

Chargée de mission prévention à la Ligue contre le cancer, Yana Dimitrova fait le point dans Sud-Ouest sur les avancées et objectifs du label « Espace sans tabac » au regard du nouveau Plan Cancer.

« (…) Nous comptons tout de même près de 3 000 espaces labellisés sans tabac, et cela dans la moitié des départements. Bien plus qu’à la plage, ce sont les interdictions de fumer aux abords des écoles que les maires plébiscitent. Mais je ne vous cache pas qu’une loi nous satisferait davantage que des arrêtés municipaux votés selon les convictions des uns à des autres. 

•• Répression ou pédagogie : « (…) certains arrêtés n’envisagent même pas la possibilité de verbaliser. Et quand c’est le cas, les amendes se comptent sur les doigts d’une main. Lorsque vous ne mettez que des panneaux, ça ne marche pas.

« Malgré tout l’interdiction est un peu plus facile à faire respecter dans les parcs, là où il y a des agents, mais aussi parce qu’avec notre signalisation, les gens se sentent autorisés à en faire la remarque aux récalcitrants. Voilà pourquoi il faut d’abord sensibiliser et impliquer les populations qui fréquentent ces lieux.

•• Crise sanitaire et réduction du grand air : « il reste tout de même énormément de lieux pour continuer à fumer librement. Mais si l’on souhaite vraiment, comme l’annonce le Gouvernement, tendre vers une génération sans tabac à l’horizon 2032, alors cet argument ne compte pas.

« En plein air, le tabagisme passif n’est d’ailleurs plus l’argument principal de la Ligue. Ce que nous voulons, c’est « dénormaliser » le fait de voir des gens fumer dans la cité, sous le regard des plus jeunes. Un parent d’élève qui fume devant une école, ce n’est pas un débat de santé publique, c’est un problème d’exemplarité.

•• Restriction draconienne« le label « Ville sans tabac » n’a pas eu un grand succès auprès d’élus redoutant d’être accusés d’exclure une partie de leurs administrés. Nous avons admis que ce n’était peut-être pas la meilleure façon de faire, qu’il valait mieux insister sur la sanctuarisation d’espaces ciblés.

« Malgré tout, quelques communes font des expérimentations, recrutent des médiateurs et continuent de mesurer l’acceptabilité d’une telle mesure. C’est le cas notamment de Caen et de Strasbourg – la ville la plus en pointe – quand d’autres, comme Ouistreham, ont interdit la cigarette dans certaines ruelles bordées d’établissements scolaires ».