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14 Sep 2017 | Trafic
 

C’est au tribunal correctionnel de Foix (Ariège), ce mardi 12 septembre, que l’on pouvait en apprendre un peu plus sur le profil de ces passeurs spécialisés dans le transport de tabac entre Andorre et la France. Avec un aperçu sur une certaine forme de « carrière ».

Le prévenu : un père de famille algérien, âgé de 34 ans, déclarant venir travailler de temps en temps en France, nous rapporte La Dépêche.

•• Pour se retrouver là, Ahmed s’était fait interpeller par les douaniers, le 25 mai, à Prades (Pyrénées-Orientales). Il était dans la deuxième des cinq voitures convoyant – dans le style « go fast » – un lot de cigarettes andorranes dont 35 kilos ont pu finalement être saisies par la Douane. Une technique fréquemment utilisée sur les routes descendant d’Andorre, avec celle du bolide forçant les barrages (voir Lmdt du 4 septembre).

L’équipe avait pourtant pris soin de faire un détour en empruntant deux cols – ceux de Marmare et du Chioula – avant d’être stoppée, à Prades, alors que les véhicules étaient regroupés. Les douaniers agissant par surprise.

Ni une, ni deux, tous les autres conducteurs et passagers ont réussi à prendre la poudre d’escampette en abandonnant sur place leurs voitures. Seul Ahmed est resté bloqué à sa place de passager. Ce qui lui a valu d’être placé immédiatement en retenue douanière.

•• Dans un premier temps, il a tenté d’expliquer qu’il avait été pris en stop, du côté d’Ax-les-Thermes. Avant d’avouer sa complicité. Son rôle, dans l’équipe ouvreuse, étant de prévenir les autres participants du convoi.

Il reconnaîtra aussi exercer occasionnellement l’activité de revendeur de cigarettes, provenant de la Principauté. « Pour arrondir ses fins de mois, avec une épouse et trois enfants à nourrir » s’est empressé d’ajouter son avocat.

•• Reste qu’Ahmed va raconter aussi avoir débuté dans le tabac de contrebande en 2009 : en tant que passeur à pied en montagne. Payé 1 euro la cartouche. Autre mode opératoire utilisé sur Andorre (voir Lmdt du 5 août).

•• Cerise sur le gâteau :  le représentant de la Douane, à l’audience, a rapporté que notre prévenu apparait dans le fichier des suspects de son administration. Mais avec un casier judiciaire vierge.

En fait, l’année dernière, Ahmed avait été contrôlé à proximité d’une voiture descendant 100 cartouches d’Andorre. Et les douaniers avaient relevé que son portable était en relation avec l’un de ses occupants. Troublant. Mais pas assez pour matérialiser une procédure à l’époque.

•• Finalement, le tribunal s’est prononcé mardi : deux mois de prison avec sursis, 3 000 euros d’amende.

Notre passeur devrait vite se remettre de son accident de travail.