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7 Sep 2019 | Trafic
 

Dans l’Union et l’Ardennais, Alain Sauvage (président de la fédération Est des buralistes et trésorier de la Confédération) réagit aux chiffres d’une enquête semestrielle « ramasse-paquets » réalisée pour Seita Imperial Brands (juin 2019). 

Dans le Grand Est, 32 % des cigarettes ne seraient pas achetées auprès d’un buraliste (+ 2,7 points en six mois). Un chiffre qui monte à 38 % dans les Hauts-de-France (+ 7,1 points en six mois).

•• Dans le détail (en juin), les chiffres sont plus nuancés. Rappelons que la dernière étude KPMG fait état de 28,4 % de marché parallèle pour toute la France en 2018 (voir Lmdt du 6 juin).

À Reims, 21,5 % des paquets venaient ainsi d’un autre pays (10,2 % en décembre 2018).
À Charleville-Mézières, on est passé à 42,9 % (32,3 % en juin 2018, 17,6 % en décembre).
À Châlons-en-Champagne, on note 25,8 % (44 % en décembre 2018).
À Saint-Quentin enfin, on arrive à 22,8 % (15,8 % en juin 2018, 27,8 % en décembre 2018).

« Les fluctuations d’une étude à l’autre s’expliquent souvent par la présence ponctuelle de petits réseaux de revente « souligne Hervé Natali (responsable des Relations territoriales de Seita-Imperial Brands).

•• Dans ces régions, la provenance de ces paquets étrangers n’est pas à chercher très loin. « Le plus souvent, ils viennent directement de l’autre côté de la frontière, c’est-à-dire du Luxembourg et de la Belgique, mais pas uniquement » précise Hervé Natali.

« Par exemple, pour Reims, 35 % des paquets viennent du Luxembourg selon une des dernières études. À Saint-Quentin, 12 % venaient de Roumanie … Ils peuvent être achetés de façon légale, dans la limite des stocks autorisés, comme être le fruit de trafics de la part de Monsieur et Madame tout le monde. Les paquets étrangers retrouvés peuvent aussi être le résultat de la vente sur les réseaux sociaux qui se développe ».

•• « Il s’agit d’une étude privée et on n’a pas d’éléments de comparaison mais on ressent bien actuellement, dans le réseau, une baisse significative des chiffres tabac, en volume (…) Tant que l’on n’aura pas une harmonisation approximative avec nos chers collègues luxembourgeois et belges, on sera toujours dans ce même schéma » commente Alain Sauvage.

« Une harmonisation totale, on n’y croit pas, il faut être lucide. Mais s’il y a un rapprochement de prix d’un euro ou moins, je pense que ce serait vraiment dissuasif d’aller chercher du tabac ailleurs. Il ne restera alors que la contrebande vraiment forte des pays de l’Est ou par voie postale.

« Concernant la concurrence des réseaux sociaux, on a encore du mal à quantifier vraiment, mais on voit que les pouvoirs publics et les douanes se penchent sérieusement dessus parce qu’ils se rendent compte que c’est un réseau qui est florissant, malheureusement ».

•• Pour rappel, selon une enquête Santé publique France, les régions Grand Est et Hauts-de-France se distinguent avec des taux forts de personnes ayant effectué leur dernier achat de cigarettes ou de tabac à rouler dans un pays limitrophe (voir Lmdt du 16 juillet).