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7 Déc 2016 | Observatoire
 

didier-raoultCela faisait longtemps que Didier Raoult (chercheur biologiste, professeur de microbiologie français) et chroniqueur médical du Point n’avait pas pris position pour la cigarette électronique (voir Lmdt des 23 février et 18 mai 2014, 4 mai 2015). La tenue en congrès du club d’experts à La Rochelle (voir Lmdt des 2 et 1er décembre) a réveillé sa plume … sociale fustigeant « le tabac, c’est l’impôt du pauvre » et défendant la voie de la cigarette électronique comme alternative.

« L’augmentation du prix du tabac a longtemps été considérée comme une panacée pour limiter la consommation. Ceci est bien réconfortant pour les États, qui engrangent ainsi un supplément d’impôt indirect considérable puisqu’il atteint 80 % du prix du tabac, y compris le tabac à rouler des plus pauvres. Seule exception, les cigares, qui bénéficient d’une mansuétude assez inexplicable… Les États et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) répètent qu’augmenter le prix va faire baisser la consommation, ce qui, en France au moins, apparaît entièrement faux.

• « Les jeunes fument de plus en plus et les plus pauvres aussi. Ces derniers consacrent maintenant 31 % de leur budget à la consommation de tabac, dont 80 % reviennent à l’État sous forme de taxes ! Ainsi 24 % du budget mensuel des plus pauvres retournent à l’État qui s’en sert ensuite pour verser le RSA aux plus pauvres … Ce qui démontre aussi que ce n’est pas le prix qui joue un rôle essentiel dans la lutte contre le tabac : les plus riches, les plus cultivés, les mieux formés diminuent de façon continue leur consommation.

• « D’un point de vue cynique, l’augmentation du prix du tabac apporte un complément non négligeable au budget du pays. Ainsi, en 2013, l’État a touché 14 milliards d’euros sur la vente de tabac et 6,6 milliards d’euros ont été économisés en retraites non versées du fait de la mort prématurée des fumeurs. À mettre en regard des 16,3 milliards d’euros consacrés aux dépenses de santé directement liés au tabac et aux impôts non encaissés du fait de décès prématurés, soit 3,3 milliards d’euros. Au total, le bénéfice net pour l’État est de 1 milliard. Si la surtaxation du tabac diminuait, le coût des maladies liées au tabagisme persisterait des années, entraînant un déficit net pour l’État.

• « Il est important de trouver des voies alternatives pour endiguer la consommation tabagique qui se concentre maintenant sur la population la plus défavorisée du pays. Dans ce contexte, il n’est pas certain que l’hostilité face à la cigarette électronique soit un réflexe lucide, d’autant que son implantation en France, avant que les autorités publiques n’y mettent un frein, s’est accompagnée d’une baisse franche des ventes de tabac ».