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La Ligue contre le Cancer dénonce à nouveau la valorisation du tabagisme dans les films français en publiant mercredi une enquête sur plus de 150 films, en amont de la Journée mondiale sans tabac du 31 mai, selon l’AFP.

« Le tabac demeure quasi omniprésent dans les films français: entre 2015 et 2019, 90,7 % comprennent au moins un événement, un objet ou un discours en rapport avec le tabac : personnes en train de fumer, présence de cendriers, cigarettes, personnage qui parle de tabac … », note la Ligue d’après la 3ème édition de son enquête menée depuis seize ans avec l’institut Ipsos, assortie cette fois d’un sondage auprès de jeunes adultes.

•• Dans un film, la présence du tabac (2,6 minutes en moyenne) équivaut à « six spots publicitaires ».

La Ligue constate aussi « une forte augmentation du taux de fumeurs à l’intérieur des lieux de convivialité (cafés, restaurants…) » dans les films, une pratique désormais illégale dans la vie réelle. Ainsi, 21,5 % des scènes de tabagisme se situent dans un lieu de travail, au bureau, 16,6 % dans un café, restaurant ou discothèque.

•• Face à cette « omniprésence » tabagique, 58 % de jeunes de 18 à 24 ans considèrent qu’il s’agit d’incitations au tabagisme et 54 %, que les industriels du tabac jouent un rôle dans le placement de produits, selon le sondage Ipsos réalisé en janvier auprès de 1 500 jeunes de 18-34 ans, dont 1 110 de 18-24 ans.

Cette surreprésentation du tabac dans les films est d’autant plus préoccupante que, depuis le 1er confinement en mars 2020, 66 % des 18-24 ans indiquent passer plus de temps devant des films ou séries, quel que soit le support (TV, ordinateur, tablette, smartphone …), selon l’association.

D’après l’enquête, des films d’animation comme « Pourquoi j’ai pas mangé mon père » et « Le petit prince », ou « Mustang » (2015) sont indemnes de reproche du point de vue tabagique contrairement à d’autres comme « Amis Publics » (2016), « Les vieux fourneaux » (2018), « Nous finirons ensemble » (2019) ou encore « La folle histoire de Max et Léon » (2016) qui se passe en 1939 ou « J’accuse » (2019).

•• « La Ligue dénonce avec acharnement la valorisation du tabagisme dans les films français depuis plus de 15 ans » souligne son président, le professeur Axel Kahn, dans un communiqué. Il dénonce les « campagnes aussi agressives qu’insidieuses auprès des plus jeunes » de l’industrie du tabac.

« Il faut continuer à dénoncer les puissants lobbies du tabac qui n’hésitent pas à apporter des financements pour voir leurs produits apparaître à l’écran, de façon plus ou moins directe », poursuit-il, leur reprochant de parvenir à contourner la loi.

La Ligue ne cherche pas à stigmatiser certains films, mais souhaite « aider l’industrie du cinéma (…) à stopper ces pratiques inacceptables », explique-t-il (voir 7 décembre 2019 et 21 novembre 2017).