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11 Avr 2018 | Trafic
 

Hervé Natali (Expert Prévention, et Actions contre les trafics au sein de Seita Imperial Tobacco / voir Lmdt du 18 octobre 2017) donne son analyse de l’évolution du commerce illicite de tabac (voir Lmdt du 14 mars 2018) dans La Dépêche du Midi de ce 10 avril.

•• « On n’a pas de chiffres récents, il faut attendre un trimestre complet pour avoir une visibilité réelle. Mais depuis qu’on a accéléré les contrôles et les saisies, suite à l’accord signé entre le Gouvernement et la Confédération, on récupère davantage de tabac illicite. 

À Toulouse, il y a des endroits bien connus, et notamment la place Arnaud Bernard pour le trafic de revente de tabac. Même si certains Toulousains ont un réflexe transfrontalier et notamment vers l’Andorre et l’Espagne pour trouver du tabac moins cher, il y a toujours du trafic dans la ville.

•• « Chez Seita, on demande clairement la création d’un observatoire piloté par l’État, pour avoir des données officielles, qui à ce jour n’existe pas. Nous, nous effectuons deux fois par an, des prélèvements dans les rues : la ville où l’on a trouvé le plus de paquets ne provenant pas des buralistes est Perpignan avec plus de 43,7 %. Toulouse se situe à   25,8 % pour le dernier trimestre 2017, Bayonne à 43,6 % et Montpellier à 23,8 %. Toulouse fait partie des villes où la consommation de tabac non français se situe au-delà de la moyenne nationale qui est de 21,9.

•• « Le premier importateur de cigarettes illicites en France est l’Algérie, suivie de l’Espagne et de la Belgique. Suivant la région où l’on habite, comme à Toulouse, l’Espagne et l’Andorre auront un poids plus présent qu’ailleurs. Concernant Internet, chez Seita, on met à la disposition des autorités les rapports sur les gens qui font du commerce de nos marques sur Facebook.

•• « … Si Seita se bat contre ce commerce illicite, c’est parce qu’il représente également une menace sur le système de maillage des bureaux de tabac qui ont un vrai rôle social dans les territoires ruraux : ils font aussi dépôt de pain, de journaux, … S’ils disparaissent, le champ est libre pour les trafiquants de tabac.

•• « En 2020, on estime que 40 % des cigarettes seront achetées hors du réseau officiel. Ce qui représente la fermeture de 5 000 tabacs en France. »