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30 Nov 2017 | E-cigarette
 

Alors que l’Agence du Médicament se positionnait clairement, dans Le Parisien / Aujourd’hui en France, sur l’interdiction de e-liquides au cannabidiol (CBD), une molécule du cannabis en vente partout (voir Lmdt du 28 novembre) …, le ministère de la Santé a pris la position inverse.

Selon le même quotidien, ce composant, ajouté à certains liquides, « apparaît comme légal » pour le ministère qui explique qu’il s’agit d’une dérogation à la législation. Des contrôles vont néanmoins être lancés.

•• En France, la détention, la fabrication, le transport de cannabis et de ses dérivés – dont le CBD – ne sont pas autorisés. Mais … la commercialisation de variétés de cannabis, dépourvues de propriétés stupéfiantes, peuvent l’être, ce qui est le cas du cannabidiol. Contrairement au principe actif le THC, le CBD joue sur la vigilance mais ne provoquerait pas d’effets de « défonce ».

•• Le ministère met toutefois des conditions à cette utilisation : ces produits doivent être réservés exclusivement au vapotage et ne pas contenir une teneur en THC supérieure à 0,2 %. Enfin, les professionnels n’ont pas le droit de présenter le cannabis sous « un jour favorable », sinon ils peuvent être poursuivis.

Le ministère a saisi l’Agence du médicament (ANSM) et la Répression des fraudes pour mettre en place des contrôles.

•• De nombreuses questions restent en suspens. Quels sont les effets du CBD ?

Le ministère reste vague : « Ses effets psychoactifs sont encore mal connus, bien qu’on lui prête des effets sédatifs ». La revue scientifique Le Courrier des addictions indique que dans le cadre d’expérimentations, il réduirait l’anxiété. Mais ces essais cliniques ne concernent pas les e-liquides. « Sous cette forme, rien n’est prouvé », rappelle la Mildeca, la Mission interministérielle de Lutte contre les Drogues et les Conduites Addictives.

•• D’autres vapotent aussi du CBD pour arrêter leur consommation de cannabis. Sur ce point, l’Agence du Médicament rappelle qu’il ne peut absolument pas être considéré comme un substitut.

« On sait que cette molécule a des propriétés tranquillisantes mais on ne peut pas la recommander, on n’a pas assez de recul médical » indique Laurent Karila, psychiatre à l’hôpital Paul-Brousse (Villejuif) et spécialiste des addictions. Il se dit inquiet par l’apparition de ces produits à des dosages très variés, de 30 mg à 1 000 mg.

•• Profitant du flou juridique qui demeurait jusqu’à présent, ce marché du CBD est devenu une opportunité commerciale. « Ces produits, commercialisés en septembre, représentent aujourd’hui près de 10% de notre chiffre d’affaires », assure le site du Petit Fumeur.

Cdiscount, lui, a choisi de faire marche arrière : le site a annoncé au Parisien / Aujourd’hui en Francequ’il allait retirer de sa plateforme les produits au CBD « non-repérés » par leur robot. Celui-ci ne décelant que le mot « cannabis » et non « cannabidiol ».