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25 Juin 2018 | Pression normative
 

Rien d’anecdotique là-dedans. Aujourd’hui, le conseil municipal de Strasbourg va voter la généralisation de l’interdiction de fumer dans l’ensemble des parcs de la ville (voir Lmdt du 22 juin).

•• D’après les informations diffusées localement, ce sont tous les parcs de Strasbourg qui devraient devenir non-fumeurs.

Avant que l’interdiction ne soit étendue aux « autres espaces verts puis aux forêts ». Des cendriers seront installés aux entrées et les cigarettes ne pourront être consommées qu’à ces endroits.

« Il n’est pas question d’empêcher ceux qui n’ont pas encore voulu ou réussi à être sevrés de ne plus pouvoir fumer sur l’espace public » a expliqué à 20 Minutes le docteur Alexandre Felz, adjoint au maire en charge de la Santé.

•• L’objectif affiché étant de protéger les enfants et leurs parents, venus se divertir dans les parcs, mais aussi l’environnement.

« Sur le plan environnemental, les filtres de cigarettes jetés dans la nature mettent 12 ans à se décomposer et un seul mégot avec ses composants chimiques peut polluer jusqu’ à 500 litres d’eau potable » déplore – toujours dans les colonnes de 20 MinutesChristel Kohler, adjointe au maire « en charge de ville en nature et ville nourricière ».

Les amendes de 68 euros pour les contrevenants s’appliqueront à partir de janvier 2019. « Des médiateurs financés par l’Agence régionale de la Santé (ARS) et des volontaires de la Ligue contre le Cancer iront à la rencontre des fumeurs dans les espaces verts avec pour mission de les sensibiliser aux dangers du tabagisme mais aussi de les orienter vers des professionnels de santé ».

•• Cette information suscite de premiers commentaires : les espaces verts sont, par définition, des lieux largement ouverts au public et à l’air libre.

Que l’on prenne des dispositions pour assurer leur propreté est une chose. Et en l’espèce, il est normal que toutes les mesures soient prises pour y opérer correctement la collecte de mégots, au même titre que celle des emballages et déchets alimentaires par exemple. Tout comme il est souhaitable de sanctionner de façon significative les contrevenants.

Mais interdire de fumer à l’air libre dans tous les parcs, sans laisser la moindre autorisation de le faire dans certains parcs – ou, à tout le moins, dans des zones délimitées à l’intérieur des parcs – en est une autre. Fumer de façon responsable, sans importuner, dans un parc, ce n’est pas « agresser les enfants et leurs parents. » C’est le droit légal de fumer qui est remis en cause. Le droit de fumer d’une façon responsable en prend un coup.

Dès lors, qui pourrait empêcher une municipalité de prendre un arrêté d’interdiction de fumer, en plein air, sur tout un quartier ou dans certaines rues ? Et ne parlons pas des terrasses …

• On regrettera qu’à Strasbourg, ou ailleurs, il n’existe pas d’association de défense des droits des fumeurs. Non pour assurer la moindre promotion du tabac, première cause évitable et identifiée de mortalité prématurée.

Mais pour faire respecter les droits du fumeur adulte, responsable, le faisant – à l’air libre – en connaissance de cause et après s’être procuré légalement des produits autorisés par la loi.

À suivre.