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1 Fév 2019 | Trafic
 

Le tribunal correctionnel de Draguignan a condamné, ce mardi 29 janvier, deux chauffeurs routiers polonais et leur employeur pour contrebande de cigarettes en bande organisée, dans le cadre de la saisie record de 1,8 tonne de cigarette sur l’A8 au péage du Capitou (voir Lmdt des 31 et 30 janvier 2018).

Du tabac à destination de l’Espagne. Un exemple de trafic intra-européen. 

La marchandise – soit 93 960 paquets de cigarettes imprimés en cyrillique pour une valeur de 676 900 euros – était répartie à bord de deux camionnettes et provenait d’Ukraine.

•• Les chauffeurs avaient expliqué qu’à la demande de leur employeur, également un Polonais, ils étaient partis de Pologne le 22 janvier précédent, chacun au volant d’une camionnette vide, à destination de la Hongrie.

Là-bas, la marchandise avait été déchargée d’un camion tchèque, sur une station-service de Budapest. Soit 20 palettes de cartouches de cigarettes. 15 avaient été transbordées dans deux autres camions pour une destination inconnue et nos chauffeurs polonais ont récupéré le solde.

•• Ils ont ensuite pris la route de l’Espagne. C’est leur employeur qui leur envoyait des messages pour leur indiquer l’itinéraire. La Douane française s’est aperçue que celui-ci roulait en fait devant eux, sur le même itinéraire, dans une voiture ouvreuse. Au moment de leur interpellation, il s’était arrêté un moment au péage du Muy pour les attendre. Ne les voyant pas arriver, il avait pris la fuite.

Les enquêtes sur les téléphones portables ont montré que ce n’était pas le premier voyage vers l’Espagne pour l’équipe : ils en avaient fait quatre, entre juin et décembre 2017, en passant toujours par la France.

•• Quant à l’employeur, contre lequel un mandat d’arrêt européen a été lancé en octobre dernier, il ne s’est pas présenté à l’audience. Il a cependant écrit au tribunal afin d’annoncer son absence, pour raison médicale, et indiquer qu’il était prêt à s’expliquer mais devant la justice polonaise.

•• La défense a plaidé la relaxe des chauffeurs, estimant qu’ils n’étaient que des salariés et ne faisaient aucun profit sur ce trafic. Ils ont été condamnés à deux ans de prison avec maintien en détention.

Par défaut, leur employeur a été condamné à cinq ans de prison ferme avec renouvellement d’un mandat d’arrêt européen. Tous les trois ont été solidairement condamnés à une amende douanière de 1,3 million d’euros.