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7 Avr 2018 | Trafic
 

Les douanes andorranes et françaises ont symboliquement lancé en fin de semaine les premiers contrôles avec des équipes mixtes de douaniers en application d’un nouvel accord de coopération bilatérale pour améliorer la lutte contre la contrebande de cigarettes, annonce l’AFP.

« Pour les douanes, le tabac est la priorité numéro 1 en 2018 », a souligné Jean-Michel Pillon, le directeur des douanes à Toulouse, au poste de contrôle douanier de Porta à l’entrée de la principauté andorrane, ce vendredi 6 avril.

•• Les douaniers des deux pays ont symboliquement procédé aux premiers contrôles communs visant spécifiquement ce trafic, un mode de fonctionnement qui doit être institutionnalisé par le nouvel accord transfrontalier entré en vigueur le 1er avril.

•• « Cela répond à la volonté du gouvernement de l’Andorre de s’engager à avoir un commerce du tabac responsable, qui ne tient pas d’un trafic illicite », a assuré de son côté le directeur général des douanes d’Andorre, Albert Hinojosa.

•• Le 16 mars, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, avait signé à Andorre-la-Vieille une lettre d’intention de coopération bilatérale pour améliorer la lutte contre le trafic de cigarettes. Ceci en présence de Philippe Coy (voir Lmdt des 16 et 17 mars).

Outre des contrôles mixtes de douaniers, des patrouilles en montagne, la coopération prévoit un meilleur échange d’information entre les deux pays.

« La lutte contre la contrebande doit être une réalité, non pas contre ceux qui ramènent quelques paquets supplémentaires mais contre ceux qui en font une activité criminelle », avait souligné Gérald Darmanin.

•• Alors que la France a augmenté le 1er mars dernier le prix des cigarettes d’un euro, soit 8 euros pour le paquet de Marlboro ou de Gauloises blondes, en Andorre le tarif tourne autour de 3 euros pour ces mêmes paquets.

S’il est autorisé d’importer jusqu’à quatre cartouches depuis un pays de l’Union européenne, il n’est possible de ramener qu’une cartouche et demie (soit 300 cigarettes) en provenance d’Andorre.

•• « Ce n’est plus un délit essentiellement fiscal, c’est véritablement un délit aux conséquences globales et sociétales », a confirmé le directeur des douanes de Toulouse, évoquant des opérations de « go fast » à destination des grandes villes du sud de la France (voir Lmdt des 3 avril 2018, ainsi que des 14 et 4 septembre 2017).

« Certains quartiers de Perpignan, de Montpellier, de Marseille, ou Lyon sont gangrénés par cette économie souterraine », a encore déclaré M. Pillon.

•• Alors que le commerce de cigarettes rapporte à la principauté d’Andorre quelque 110 millions d’euros soit un quart des recettes publiques, Albert Hinojosa affirme que cette nouvelle pression douanière n’inquiète pas les commerçants andorrans.

La principauté d’Andorre, un micro-état pyrénéen de 75 000 habitants dont la principale ressource est le tourisme, est réputé pour sa faible taxation notamment sur les cigarettes et les alcools.