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29 Sep 2019 | Trafic
 

Dans la nuit du mercredi 25 au jeudi 26 septembre, 700 cartouches de cigarettes ont été retrouvées dans des voitures sur l’A22 à Halluin-Rekkem (frontière belge) et sur l’A2 à Maubeuge et Cambrai.

Depuis le début de l’année, le niveau d’activité de la Douane régionale a déjà été atteint celui de 2018 : 60 tonnes saisies contre 64 l’année dernière.

« On a des résultats en hausse de 30 à 40 % » explique, dans La Voix du Nord, Simon Decressac, directeur de la Douane du Nord (à l’exception de Dunkerque) qui détaille la lutte de ses agents contre l’essor de la contrebande de tabac, de nos jours.

Des chiens avec des sacoches pleines de tabac passant la frontière franco-belge : c’était une technique prisée des contrebandiers nordistes au 19e siècle. Car si le mode opératoire a bien sûr changé, cette fraude n’a, en fait, jamais cessé.

•• Le profil des fraudeurs est très varié : « ça va de monsieur ou madame tout-le-monde au crime organisé, dont désormais des trafiquants de drogue ».

Pour les particuliers, il s’agit souvent d’achat légal en Belgique ou au Luxembourg, mais en dépassant les quatre cartouches autorisées au retour en France. Un trafic de fourmis, à plus ou moins grande échelle.

De leur côté, les équipes structurées s’approvisionnent surtout dans les pays de l’Est (voir Lmdt du 23 octobre 2018). Les produits, certains de contrefaçon, alimentent la région et le reste du pays. Beaucoup transitent aussi à destination de la Grande-Bretagne (voir Lmdt du 10 septembre 2019).

•• Les quelque 700 douaniers régionaux en uniforme, aidés de scanners et de chiens détecteurs de tabac, tentent de maîtriser les flux : sur les autoroutes, aux multiples points de passage frontaliers, dans les ports, dans les trains et les cars ou encore à l’aéroport de Lesquin, où les vols du Maghreb sont très surveillés. Enfin, les contrôles de commerces (épiceries, bars à chicha…), qui vendent parfois des clopes à l’unité, se sont accrus.

•• Difficile à maîtriser, le business sur Internet est lui aussi dans le viseur, avec une cellule nationale de Cyberdouane en aval, les colis peuvent être inspectés dans les centres de fret postal ou express, comme à Petite-Forêt, Lesquin et Arras.  Un maillage du territoire avec ses limites. « On n’a pas la prétention de tout voir » reconnaît Simon Decressac, « loin de là ».

•• « Cette économie souterraine grandit de mois en mois » réagit Patrick Falewee (président de la Fédération des buralistes du Nord et vice-président de la Confédération), « elle nous déstabilise alors que l’on souffre déjà de la hausse des prix … On est passés de 3 500 buralistes en 2003 dans la région (Nord Pas-de-Calais, Aisne, Ardennes et Somme) à 2 200 aujourd’hui. Le Nord, avec la frontière belge, est particulièrement touché ».

La solution doit être européenne, plaide Patrick Falewee : « La France fait cavalier seul dans sa politique antitabac. Il faut une directive européenne pour harmoniser les prix. » En attendant, il salue la volonté des pouvoirs publics de limiter la casse avec le Fonds de Transformation : « on a rarement eu autant d’écoute de la part d’un gouvernement. »