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5 Mai 2018 | Trafic
 

Double page spectaculaire -dans l’édition de ce jour de L’Est Républicain – sur le travail de la Douane-division Lorraine Nord (216 hommes).

« Le trafic de tabac dans l’œil de la Douane » : entre les fumeurs en quête d’économies et ceux qui font commerce de ce trafic rémunérateur.

Extraits. 

•• Deux véhicules sont stationnés à la frontière du Luxembourg, le long de l’A31. Les agents fixent le flot continu. Ils reconnaissent certaines plaques de frontaliers. Ils recherchent plutôt celles qu’ils ne connaissent pas. Mieux : les immatriculations qui viennent de loin. « Quand on vient de Haute-Saône, des Vosges, de l’Yonne ou de Lyon, il y a de fortes chances qu’on vienne chercher d’importantes quantités. »

Les occupants d’une vieille Mégane rouge sont interceptés. Les deux hommes sont isolés, « pour voir s’ils donnent les mêmes explications. » D’où viennent-ils ? Où vont-ils ? « Eux ont plus un profil stup », souffle un agent. Rien n’est trouvé …

•• À la hauteur de la « DZA », acronyme de Dudelange Zoufftgen Autoroute, une autre voiture est repérée. Derrière le flair du douanier, c’est surtout une technique perfectionnée de ciblage. « Beaucoup de détails nous intéressent : l’immatriculation, le type de véhicule, l’attitude du conducteur. Tout se joue en un    instant », dit Romuald, contrôleur des douanes et chef d’équipe sur le dispositif, « dès qu’un agent a un doute, on fonce. »

C’est de cette façon que les douanes ont fait tomber des Polonais transportant 27 kilos de cigarettes. : « ils avaient deux valises pleines et leur comportement était douteux. » Alors, ils ont cherché et trouvé le reste.

Des réseaux d’Europe de l’Est, notamment d’Ukraine, où le paquet de cigarette coûte moins d’un euro, exportent la marchandise vers le Royaume-Uni par poids lourd. D’autres voies sont utilisées par des équipes malaisiennes ou sri-lankaises. Leur tabac arrive par conteneurs. Tous passent par la Lorraine.

« Le trafic de tabac finance le terrorisme. Des individus comme Amedy Coulibaly ont trempé dans ce type de trafic » prévient Thomas Daguin, chef de la division Lorraine Nord, « notre présence est aussi importante pour ce genre de renseignement » (voir Lmdt du 26 mars 2015).

•• Les douaniers ne cherchent pas seulement les réseaux mafieux … « Les enjeux de la lutte contre la contrebande sont de différentes natures. Il y a la lutte contre l’économie souterraine, bien sûr. C’est aussi une question de santé publique », indique Thomas Daguin, « c’est une manière de soutenir le réseau des buralistes » qui font face à une concurrence déséquilibrée en Lorraine et dans les régions frontalières.

« La quantité transportée doit être proportionnelle à sa consommation personnelle. Quand on est retrouvé avec 7 ou 8 kilos, il est difficile de justifier que c’est pour soi … ». Dans les stations-service luxembourgeoises, des pancartes conseillent d’ailleurs de ne pas acheter plus de quatre cartouches et mettent en garde contre la présence douanière, assure L’Est Républicain.

•• Depuis le début de cette année, les agents ont déjà réalisé deux importantes saisies.

902 cartouches dans un bus : lors d’une opération, en février, des agents de la brigade de surveillance intérieure de Metz repèrent un car espagnol remontant l’A31 en direction du Luxembourg. Dans les bagages de cinq personnes sont découvertes 902 cartouches de cigarettes de marque Pall Mall, fabriquées en Afrique du Sud. Les cinq passeurs font partie d’un réseau de contrebande angolais. Un trafic concernant manifestement l’Europe du Nord.

108 kilos de cigarettes ukrainiennes : en mars, les agents de Saint-Avold contrôlent un fourgon au péage de l’A4. Cinq personnes sont à bord du véhicule. Quatre sont ukrainiennes,l’autre roumaine. Lors de la fouille, les douaniers mettent la main sur 541 cartouches de différentes marques.

(Voir aussi Lmdt des 26, 23 et 13 avril 2018)