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20 Mai 2019 | Observatoire
 

Les banques traditionnelles voudraient augmenter le prix facturé au client d’un réseau concurrent, qui retire de l’argent à l’un de leurs Distributeurs automatiques de Billets (DAB), selon Les Échos (édition 17 mai). 

Ceci, après avoir, elles-mêmes, provoqué le mouvement de fermetures des DAB (surtout en zones rurales) ces dernières années, pour des raisons internes de coûts et de choix de développement commercial.

Mais elles pointent du doigt, désormais, le déséquilibre avec les banques digitales (comme le compte Nickel des buralistes pour ne pas le citer) … qui n’entretiennent pas de grands réseaux de DAB et bénéficient de ceux de leurs concurrents.

•• C’est Nicolas Théry, le président du Crédit Mutuel Alliance Fédérale, qui a jeté un pavé dans la mare dans son entretien aux Échos. « Pourquoi les banques qui ne font rien pour le réseau de distributeurs – comme les banques directes – peuvent-elles les utiliser au même tarif ? ». Plus largement, « les prix (que se facturent mutuellement les établissements ndlr) ne reflètent pas la réalité des coûts d’utilisation de ce réseau interbancaire, ce n’est plus possible », a-t-il souligné.

Son point de vue est visiblement partagé, selon le journal économique. Face aux néobanques, « il faut éviter la stratégie du coucou », renchérit un grand banquier. La situation est d’autant plus « absurde », estime un autre dirigeant, que les néobanques « proposent bien souvent des cartes gratuites » ou à prix très faible.

Nicolas Théry et Philippe Brassac, le directeur général de Crédit Agricole SA, s’en s’ont ouverts auprès du président du Sénat. Précisons que l’article des Échos ne mentionne pas de déclaration de BNP-Paribas – actionnaire essentiel du Compte Nickel des buralistes (aux côtés de la Confédération) – sur le sujet.

•• Cette offensive bancaire prend place à un moment particulier : la baisse des paiements en espèces pèse globalement sur la rentabilité des distributeurs de billets.  Mais à l’heure du mouvement des « Gilets jaunes », la pression politique est forte pour que les banques maintiennent des distributeurs à travers tout le territoire.

Les sénateurs ont débattu, en fin d’année dernière, d’une proposition de loi sur la désertification bancaire. Dans ce contexte, la Banque de France dresse actuellement une cartographie précise des DAB qui doit être finalisée d’ici l’été.

•• Reste que toucher à ces tarifs interbancaires est très sensible, et les banquiers le savent. Car l’Autorité de la concurrence française veille au grain.

Il y a quelques années, celle-ci a voulu s’assurer que derrière la fixation en commun de ces commissions par les grandes banques réunies au sein du Groupement des Cartes Bancaires (GIE CB) ne se cachait pas une entente dommageable aux consommateurs, rappelle également Les Échos en fin d’article.

•• Quoiqu’il en soit, de plus en plus de maires ruraux comprennent que la présence, sur la commune, d’un buraliste avec Compte Nickel soit une solution sacrément efficace au problème de l’absence de DAB.