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2 Mai 2013 | Pression normative
 

Pour peu que les politiques de notre pays (parlementaires européens ou autres) s’intéressent au projet de Directive Tabac européenne, il semble que le débat s’inscrive dans la plus grosse confusion. Quitte à ce que celle-ci profite, avant tout, aux partisans de la Directive …

• Ainsi, beaucoup de parlementaires se disent « hostiles aux paquets neutres ou  génériques à l’australienne », mais « considèrent comme un compromis raisonnable » ce que propose le texte du projet de Directive : à savoir, 75 % des deux faces du paquet recouverts de photos-chocs et d’avertissements.

Mais en terme « d’effet visuel », il faut bien se rendre compte que les 25% restants pour la marque ne représenteront plus rien … 75% ou 100%, visuellement, c’est quasiment pareil. 75%, c’est donc du « quasi générique ». A court terme, il n’y aura qu’un pas pour passer au « totalement générique ».

Quand bien même, les partisans des paquets génériques, ou d’avertissements sanitaires exagérément grossis, disent qu’il faut s’attaquer au paquet pour dissuader les jeunes d’accéder au tabac. Deux questions leur sont opposables.

1- Comment expliquer que les résultats du grand sondage « Eurobaromètre » 2012 (financé par la Commission européenne sur tous les pays membres) montrent que « la présentation du paquet » compte à, seulement, 3% dans les « éléments qui amènent à commencer à fumer » (contre 79% pour « le fait que des amis fument »).
Par ailleurs, dans le même sondage, 78% des jeunes Français estiment que les avertissements sanitaires sur les paquets n’ont pas d’impact (voir Lemondedutabac des 30 août et 29 novembre).

2- Comment expliquer qu’en France les photos-choc (sur 40% d’une face d’un paquet), en place depuis 2011, ne semblent pas avoir fait bouger à la baisse le taux de prévalence tabagique chez les jeunes ? Pourquoi s’entêter dans la voie qui n’est pas la bonne ?