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9 Août 2019 | Profession
 

Sur un site spécialisé dans la vente de fonds de commerce, Le Bien Public recensait, au mois de juillet, plus d’une quarantaine d’annonces de débits de tabac à vendre, dans Dijon et son agglomération proche. Le quotidien régional a cherché à en savoir plus (édition du 6 août). 

« S’il est bien géré, le débit de tabac reste l’un des commerces les plus rentables » affirme Philippe Maitre, expert en transmission d’entreprise et en implantations commerciales. Pour le mandataire immobilier, l’augmentation du prix du tabac n’est pas en cause : « il y a bien une baisse des volumes, mais la hausse du prix du paquet de cigarette est profitable aux buralistes ».

•• « De nombreuses personnes qui vendent partent en retraite » assure Fabienne Aouidat, la présidente de la chambre syndicale des buralistes de Côte-d’Or.

Mais le papy-boom n’est pas le seul facteur à prendre en compte. « Les gens lisent de moins en moins la presse, il faut se diversifier mais dès qu’il y a un nouveau concept, il est repris par d’autres boutiques » regrette une salariée du « Tabazinc », mis en vente il y a peu de temps.

•• Pour le buraliste du « Tabac des Ducs », dont la devanture affiche un panneau « À vendre » », la mise en place du paquet neutre est aussi à prendre en compte : « avant, je n’avais pas assez de place pour mettre toutes les marques de tabac sur mon étal. Maintenant, j’en vends seulement une quinzaine ».

•• « C’est un travail fastidieux, il faut être dix à douze heures debout chaque jour » rappelle Fabienne Aouidat. « On croit que c’est un métier facile mais c’est difficile de prendre des vacances. Il faut travailler six à sept jours par semaine » confirme Philippe Maitre.

Pour lui, on assiste, chez certains, à « un phénomène de lassitude lié à la société des loisirs » dans laquelle nous vivons. « Avant, on attendait sept ans, le temps de valoriser son fonds de commerce mais de plus en plus de buralistes vendent après trois ans d’activité, une fois que leur contrat de douane arrive à échéance ». Les personnes désireuses d’ouvrir un commerce « maintenant, sont beaucoup à se tourner vers d’autres métiers du commerce, et particulièrement vers les franchises », analyse aussi l’expert immobilier.