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20 Juil 2018 | Trafic
 

Au terme d’un long travail d’investigation, les agents de la Direction nationale du Renseignement et des Enquêtes douanières (DNRED) ont mis au jour, à Herblay (Val-d’Oise), un véritable laboratoire – permettant la fabrication, en quantités industrielles, de tabac à chicha – dissimulé dans l’entrepôt de vente de meubles orientaux (voir Lmdt de ce jour).

Selon des détails fournis par Le Figaro, l’endroit abritait des instruments professionnels de pesage et de sertissage, mais également des emballages, des fûts et des bacs, dans lesquels du tabac était en phase de décantation, ainsi que de nombreux paquets de tabac. La « fabrique » tournant à plein régime pouvait produire chaque semaine environ une tonne de marchandises à destination de bars à chicha de la région parisienne.

•• Les protagonistes de l’organisation criminelle, très structurée et démantelée par la DNRED, ont été interpellés puis remis au Service national de Douane judiciaire à qui le parquet du TGI de Pontoise a confié l’enquête judiciaire en flagrance.

•• « Au gré des investigations, nous avons identifié trois pôles distincts d’alimentation en matières premières », a confié au quotidien un agent de renseignement de la Douane. « Alors que le tabac venait par la route du Portugal, les emballages et les arômes (pomme, fraise, menthe …) étaient respectivement acheminés par fret express depuis les Émirats arabes unis et la Turquie. »

•• Au total, 740 kilos de tabac à narguilé prêt à être aromatisé et conditionné, plus de 4000 emballages d’un kilo non encore utilisés, près de 300 kilos d’arômes et une centaine de kilos de glucose liquide ont été saisis.

•• Ce démantèlement de laboratoire rappelle de rares affaires similaires effectuées en 2014 en Turquie, en 2016 en Bulgarie ou plus récemment en Belgique (voir Lmdt 6 juin 2018).

Il témoigne de la volonté des trafiquants d’installer des centres de production en Europe depuis que les Émirats ont décidé, à l’hiver dernier, de faire flamber de 100 % les taxes sur cette marchandise négociée à 45 euros le kilo sur le marché noir français, explique Le Figaro. 

Très lucratif, ce segment criminel attire beaucoup de malfaiteurs autrefois spécialisés dans les stupéfiants, à l’image des grosses équipes de « go fasters » à Creil dans les années 1990.