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20 Juin 2016 | Profession
 

demantelement chaine casseeAlors que le paquet neutre n’est pas encore en place, on est frappé de la convergence de plusieurs signes indiquant qu’une offensive générale, très agressive, est toujours lancée contre l’ensemble de la filière tabac. Dont l’activité est pourtant légale.

Tant il apparaît que l’objectif des inspirateurs de l’actuelle politique de Santé publique consiste plus en l’éradication de la filière tabac – réduite au « lobby du tabac », comme ils disent – qu’à obtenir concrètement des résultats en termes de lutte contre la prévalence tabagique des jeunes et des autres.

Quels sont ces signes ? En voici quatre exemples.

• C’est l’absence de réactions officielles (ou de quiconque parmi les politiques) suite à la publication du rapport KPMG révélant le taux du marché parallèle du tabac en France (27,1 % de la consommation totale / voir Lmdt des 8 et 10 juin).

Comme si l’on voulait nier, à dessein, la double réalité des achats frontaliers auquel s’ajoute un trafic, organisé ou de simples fourmis, connu de tous les Français. Comme si le tabac étranger et illégal était moins dangereux que « l’autre », acquis dans le réseau officiel. Celui que l’on cherche à « dénormaliser ». Et dont de nouvelles rumeurs relancent l’éventualité de prochaines hausses. Fiscale et donc des prix. De quoi assurer un rebond à ce marché parallèle que certains font semblant d’ignorer.

• Ce sont ces imprécisions, mais aussi ces retards, dans les textes d’application de la loi Santé ou de transposition de la nouvelle directive Tabac européenne. Dont l’article 13, par exemple, qui appelle à lister des catégories d’interdictions, pures et simples, de marques et de dénominations commerciales de produits du tabac : celles faisant référence à des termes ou images susceptibles d’évoquer des valeurs positives, voire attrayantes.

On attend toujours un décret. Mais il est à parier que l’interprétation des autorités de la Santé (s’appuyant sur des arbitrages interministériels ?) soient très restrictives et destructrices. De quoi rayer, de la liste des prix, des noms iconiques et célèbres. En plus du paquet neutre.

• Ce sont ces messages insistants passés aux représentants des buralistes, lors de certains contacts dans des ministères : « il faut s’intéresser à cette idée d’une dégressivité du taux de la remise, en fonction du volume de tabac vendu … » ; « la diversification ? Mais il n’est pas sûr que la ministre de la Santé y tienne … Pour des raisons de santé publique, il ne faudrait pas créer d’affluence chez les buralistes ».

De quoi enrayer toute perspective de développement économique pour ces entreprises dans lesquelles les buralistes ont investi sur leurs biens personnels.

• C’est l’inertie des responsables agricoles français – et européens – devant les menaces inédites pesant sur la tabaculture, à travers ces nouvelles normes sur lesquelles travaille l’OMS (voir Lmdt de ce jour).

Mais au fait, ce rouleau-compresseur manœuvré par une poignée de personnes, est-il vraiment connu des autres responsables politiques ? De la majorité ou de l’opposition. En dehors de Marisol Touraine, qui couvre vraiment cette politique disproportionnée et déséquilibrée ?