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26 Mai 2018 | Vapotage
 

En amont de l’« Open Forum – Vape in Progress » qui se tient à Bordeaux, ce lundi 28 mai (voir Lmdt du 24 mars), Charly Pairaud (administrateur en charge des questions économiques et scientifiques à la Fivape) rappelle, dans Latribune.fr du 23 mai, les grands enjeux de la nouvelle filière … à ses yeux : indépendance vis-à-vis de l’industrie du tabac, prévention des risques pour la santé, mise en œuvre d’un  savoir-faire français et perspectives de croissance d’un marché innovant. Extraits.

•• « Les premières sociétés françaises sont nées il a cinq à dix ans. Le marché de la vape a explosé en 2012-2013 dans le pays en crise, la filière étant une nouvelle opportunité économique. En 2015, le nombre d’acteurs trop élevé, s’est régulé. Le marché a ralenti aussi à cause d’une campagne négative. Mais en 2016, il est reparti à la hausse. 25 % de croissance l’année dernière, autant prévu cette année ».

•• « Sous prétexte qu’on en fait le business, les gens nous considèrent comme une entreprise du tabac, mais nous ne sommes pas des produits du tabac ! Sur les trois millions de vapoteurs réguliers, un million a totalement arrêté de fumer, un million a réduit de moitié sa consommation de cigarettes et un million commence, arrête, recommence, n’est pas trop sûr … ».

•• « Le propylène glycol a les mêmes propriétés que l’eau (…) c’est un produit neutre traité par notre système digestif, on peut en consommer beaucoup plus que ce qu’on consomme avec la e-cigarette.

Quant à la nicotine, c’est comme la caféine, on sait recevoir aussi la molécule. Pour les patchs ou les chewing-gums, on n’a pas tapé sur le fait qu’il y ait de la nicotine. Les favorisants nicotiniques, qui mentent au cerveau sur le sentiment de satiété, sont interdits pour l’e-cigarette. »

•• « En Angleterre, on trouve des campagnes publicitaires pour encourager les fumeurs à passer à la cigarette électronique. En France, on dit doucement que c’est « nettement moins dangereux ».

La France est le deuxième pays de fumeurs derrière l’Albanie et la Grèce. Il y a un pacte faustien entre l’État et le tabac, c’est cynique : plus de gens fument, moins il y a de retraites à payer. Ils ne veulent pas bousculer trop vite la dépendance au tabac et voir l’e-cigarette accélérer ce processus. En 20 ans de prévention, on est seulement passé de 34 à 33 % de prévalence tabagique »

•• « En France, il y a une réelle expertise sur le vapotage.  Par exemple, du côté du vaporisateur perso, il y a un avenir pharmaceutique. Demain on utilisera la vape pour prendre les comprimés. La poudre dans l’estomac, chargé d’acide, ne permet qu’à 10-15 % du principe actif d’agir. Ce sera une nouvelle forme, directement dans les poumons, ce qui est moins violent que l’injection » imagine aussi Charly Pairaud.