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18 Mai 2021 | Profession
 

Produit frais, la bière ne se conserve que quelques mois. Informées, le 30 avril dernier, de la réouverture des terrasses le 19 mai prochain, les 2 000 brasseries françaises jugent le délai bien serré pour remettre leur production à flot.

Les 500 distributeurs-grossistes regroupés au sein de la Fédération nationale desBoissons  se préparent à gérer des flux perturbés par des risques de surproduction, de péremption de nombreux fûts et même de pénuries ponctuelles.

•• Selon le syndicat professionnel Brasseurs de France, 10 millions de litres ont été perdus pendant le premier confinement et 30 millions supplémentaires le seront d’ici à la reprise.

En 2020, les brasseries produisant moins de 200.000 hectolitres par an ont obtenu 4,5 millions d’euros d’aides à la destruction. Le syndicat réclame à présent au gouvernement le déblocage de 15 millions d’euros supplémentaires.

•• La profession, qui a vu son activité plonger de 95 % au cours des premiers mois de 2021, s’est vigoureusement mobilisée en janvier dernier pour obtenir des aides que le gouvernement ne prévoyait pas, ces entreprises ne faisant pas directement l’objet de fermetures administratives. Plus ou moins renflouées, elles appréhendent une reprise pleine d’aléas.

« Le déconfinement de 2021 est très différent de celui de 2020. Il est difficile d’évaluer une consommation qui ne sera autorisée qu’en terrasse, car tous les établissements n’en disposent pas. Et même si la météo est favorable, la clientèle de l’événementiel et des festivals, qui représente 15 à 20 % de l’activité, est d’ores et déjà perdue » pointe Jean-Jacques Mespoulet , président de la Fédération nationale des Boissons.

•• À l’arrêt depuis trop longtemps, les équipements de tirage ont besoin de maintenance. En aval, les fûts vidés devront être retournés, en temps et en heure, aux brasseurs qui en assurent le nettoyage et le remplissage.

Dans le Bas-Rhin, La Licorne (116 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019, en baisse de 30 % en 2020) a rapatrié le maximum de fûts consignés pendant la fermeture des bars. Pour la suite, tout dépendra du rythme des commandes et des retours.

D’autres inconnues subsistent quant à la disponibilité des transporteurs, qui risquent d’être pris d’assaut, et à celle du personnel du secteur. Qu’il s’agisse de la manutention des fûts ou du service, ces athlètes de la bière devront recouvrer leur condition physique après huit mois de repos forcé …