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28 Mai 2020 | Profession
 

Épisode numéro 16 de notre revue de presse des témoignages de buralistes à travers les régions (voir 27 et 26 mai).

•• Dès 2017, quand elle a repris un bar-tabac à Rouziers-de-Touraine (1 200 habitants, à 15 kilomètres de Tours), l’idée de compléter son activité avec de nouveaux services trottait déjà dans la tête de la jeune femme. Les deux mois de confinement l’ont décidée à franchir le pas.

Dès le 16 mars, la buraliste a transformé la salle du bar en épicerie et s’est mise en quête de produits locaux pour compléter sa gamme. Plus d’une dizaine de producteurs, situés dans un rayon de vingt kilomètres, sont maintenant présents dans le café-restaurant, devenu multiservices.

Au comptoir, l’activité tabac a en outre permis de fidéliser la clientèle. Dans la cuisine, la vente de plats à emporter et les soirées burgers du vendredi ont permis de tester le restaurant. Elle ne compte plus ses heures et, lorsqu’elle a un moment de libre, elle décroche le téléphone pour prendre des nouvelles de ses clients isolés (La République du Centre).

•• « Nous avions senti venir les choses et nous avions pris certaines dispositions en achetant notamment quelques masques pour nous et nos employés. J’en portais un une semaine avant le début du confinement. A l’époque, on m’avait pris un peu pour un fou … » explique le couple de buralistes d’un bar-tabac de Quimper.

L’établissement n’a jamais cessé son activité, mais avec réduction des effectifs et des horaires. Durant toute la période de confinement, s’est ajouté un autre rôle : « nous étions une sorte de point d’informations où des personnes sont aussi venues pour nous poser des questions de santé, sur les bus, la Poste … ».

En l’attente des décisions de ce 28 mai, le couple prévoit notamment, pour l’activité bar, la désinfection du mobilier, du sol … plusieurs fois par jour.

« Nous espérons rouvrir la semaine prochaine. Dans quelles conditions ? Nous ne le savons pas encore précisément mais il faut être réaliste. Nous ne pourrons pas créer une bulle autour de chaque client. Espacer chaque personne d’un mètre, c’est possible. Mais de 4 mètres … Nous avons la chance d’avoir une terrasse et beaucoup d’espace à l’intérieur. Cela risque d’être beaucoup plus compliqué pour d’autres établissements. »

Sur le plan économique, il estime la situation forcément périlleuse : « nos échéances de remboursement ont été repoussées d’au moins un an, si ce n’est plus, car on ignore encore comment va se passer la reprise. Dans cette situation, notre priorité est de garder toutes nos employées et c’est ça qui nous booste avant de rouvrir » (actu.fr).

•• Depuis 15 ans, un couple de buralistes de Bruay-la-Buissière (22 100 habitants, 10 kilomètres de Béthune) n’avait jamais eu de peine à jongler avec les colis. Ils avaient opté pour un maximum de 60 colis par jour, Chronopost et Colissimo. Le confinement a tout changé.

Déjà, le tabac a explosé : « avec la fermeture de la Belgique, ça a doublé. » Coup de chaud aussi sur la presse pour adultes.  Alors, quand des montagnes de colis sont arrivées, bien au-delà de la limite des 60 demandés, ça a été la goutte d’eau. « Environ 150 colis par jour. Il y en avait tout au long de la salle ! Les gens rangeaient les placards, ils ont essayé Vinted … »

Mais avec la réouverture des magasins, les colis, c’est fini : « jeudi dernier, on a renvoyé le livreur. Sur le site, ils nous ont seulement indiqué « En vacances » mais on arrête. » D’autant qu’ils doivent préparer la réouverture du bar  (La Voix du Nord).

•• Repris il y a un an, ce tabac-presse-librairie de Saint-Lunaire (2 300 habitants, près de Dinard) avait fermé juste avant le confinement … pour rénovation. « Il y avait besoin d’un petit coup de jeune. C’était étroit et les personnes à mobilité réduite ne pouvaient pas se déplacer » explique le buraliste.

Rouvert, ce vendredi 22 mai, la cloison centrale abattue dégage un espace beaucoup plus spacieux et lumineux. Cela tombe bien avec les mesures sanitaires : « les clients peuvent circuler, c’est beaucoup plus agréable. J’observe la manière dont ils se déplacent et je mettrai en place un sens de circulation ». Pour l’instant, les rayonnages ne sont pas très remplis, le magasin ne recevant plus la presse nationale et les magazines, mais la situation devrait bientôt s’éclaircir (Ouest France).