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1 Juin 2020 | Profession
 

Épisode numéro 19 de notre revue de presse des témoignages de buralistes à travers les régions (voir 31 et 30 mai).

•• « On a récupéré la clientèle française qui, d’habitude, se ravitaille en Suisse » estime Frédéric Roland, président des buralistes du Doubs, en revenant sur la hausse phénoménale des ventes de cigarettes et tabac à rouler au cours du confinement. « Les Français n’ont pas arrêté de fumer au cours des dernières années malgré les campagnes de com’ gouvernementales. C’est de la foutaise » déclare-t-il sans détour.

Sur cette période, les ventes, chez lui, ont augmenté de 30 % et ont atteint le summum avec les gros contenants de tabac à rouler : + 200 % : « généralement, ils ont très peu de succès. Il y a une explication. En temps ordinaires, les pots sont trois fois plus chers qu’en Suisse où les habitants ont pris l’habitude d’aller se ravitailler ».

« On voit que les frontières vont bientôt rouvrir, notre activité est de nouveau en légère baisse » observe Frédéric Roland. La solution, selon lui, est d’harmoniser les prix au niveau européen, et de « limiter, voire éradiquer, la contrebande qui s’opère avec la complicité de transporteurs ».

En attendant, la chambre syndicale du département veille à la sécurité sanitaire de ses membres. Depuis quinze jours, Frédéric Roland (avec son secrétaire, Sébastien Treve, et un membre du bureau, Bernard Gilles) distribue des kits (50 masques, des gants, du gel hydroalcoolique) à tous les buralistes : « On a déjà parcouru 1 500 kilomètres. C’est l’occasion de prendre la température, de recueillir les coups de gueule, les doléances, les remerciements. »

Un geste de solidarité qui, assure-t-il, a été très apprécié : « des collègues ont beaucoup souffert de la baisse de fréquentation, des ruptures de stock. Certaines zones de chalandise n’étaient plus ravitaillées. Ce fut le cas de beaucoup de tabacs de centres-villes et de quartiers » (L’Est Républicain).

•• Fin de stress pour le patron d’un bar-tabac-presse à Quévert (3 720 habitants, près de Dinan). S’il a limité la casse avec la vente de tabac et de presse, il est soulagé de pouvoir retrouver des conditions presque habituelles.

« On a sauvé les meubles en travaillant avec ma salariée 12 heures par jour » explique-t-il. « J’avais rentré de la boisson. J’ai mis ma réserve en vente, sans l’alcool, avec un peu d’épicerie d’appoint. Et vraiment, j’ai beaucoup apprécié le comportement des clients. Les gens ont joué le jeu de la solidarité avec le sentiment de nous protéger. Certains ont pris un peu d’épicerie alors que je suis hors de prix ».

À partir du 11 mai, la récupération des colis a redémarré ainsi que les paris PMU. L’approvisionnement du tabac a été sportif. Pas de livraison à domicile mais des déplacements au centre d’approvisionnement de Mordelles (Ille-et-Vilaine) avec de longues files d’attente : « au tabac, la consommation a augmenté de 30 % ».

Mardi 2 juin, une nouvelle page va s’ouvrir : « mais le comptoir sera condamné. Il faudra un masque pour rentrer. Du gel sera à disposition. Les gens qui suivent le PMU auront des places à l’intérieur, les consommateurs à l’extérieur, tout en respectant les gestes barrières ». Pour faciliter l’ouverture, la mairie va donner les autorisations d’occupation de l’espace public (Ouest France).

•• « J’espère que les clients reviendront rapidement malgré la peur du virus qui reste sensible, et qu’ils se montreront responsables. Durant le confinement j’ai pu m’appuyer sur le tabac, mais la cessation de l’activité du bar a représenté quand même près de 40 % de perte » déclare un buraliste de Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne, 13 800 habitants).

« Globalement dans l’espace jeux-presse-tabac, les clients réguliers sont restés, certains nouveaux sont apparus, et la fréquentation reste bonne. J’ai aussi quelques boissons à emporter, ça reste accessoire mais avec les dernières fortes chaleurs, certains habitués du bar sont quand même venus se servir ».

Pour la réouverture du bar, « il y aura du gel hydroalcoolique à disposition, je vais espacer les tables pour respecter l’éloignement de deux mètres entre chaque. Je m’en tiendrai aux consignes mais je n’en ferai pas plus. De toute façon personne ne lit les panneaux. Tout le monde connaît les gestes barrière à respecter, je ne pourrai pas passer mon temps à faire la police.

À chacun de prendre ses responsabilités et de les appliquer. Après tout, pourquoi on nous impose des règles draconiennes qui pénalisent notre activité alors que tout ou presque est permis dans les centres commerciaux ? » (La Dépêche du Midi).