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15 Mai 2020 | Profession
 

Épisode 5 de notre revue de presse des témoignages de buralistes (voir 14 et 13 mai).

•• « Les gens attendaient impatiemment la reprise du PMU. Ils nous appelaient pour avoir des nouvelles » témoigne la buraliste d’un bar-tabac-PMU, à Boufféré (3 300 habitants, au nord de la Vendée).

Lundi 11 mai, pour tous ces impatients, ça a été le soulagement. Mais ce n’est pas l’affluence. « L’habitude pour les parieurs, c’est de s’installer au bar et d’étudier les chevaux dans les journaux. Puis ils regardent la course assis à une table, ou depuis le comptoir. Là, c’est différent. Les joueurs doivent étudier leur pari chez eux, venir le valider ici, puis retourner chez eux pour regarder la course. Ça n’a pas la même saveur » estime son compagnon.

Dès les premières semaines du confinement, le couple, arrivé il y a huit mois, a vu le nombre de clients « divisé par quatre » et des revenus essentiellement basés sur la vente de tabac. « Si on ne prenait pas les devants, on fermait ». 

Alors le chef cuisinier et une employée polyvalente se sont mis aux fourneaux pour confectionner des plats à emporter. « Des entreprises nous commandent chaque jour des repas pour leurs salariés. Des anciens qui ne viennent pourtant jamais nous demandent des repas deux fois par semaine ».

« Maintenant, je vais garder ce qui fonctionne, même après cette crise. Le repas à emporter, on va continuer. On va évoluer aussi pour les entreprises qui ont besoin que les salariés mangent rapidement  » (Ouest France).

•• À Sorgues (18 000 habitants,10 kilomètres d’Avignon), un buraliste annonce avoir offert 10 760 photocopies depuis le premier jour du confinement : 5 260 pour des attestations de déplacement et 5 500 pour les devoirs des enfants (voir 1er avril). Et de souligner : « on garde le cap et nous poursuivons les copies pour les devoirs tant que cela sera nécessaire. Avec le sourire » (Le Dauphiné Libéré).

•• « Nous espérions recevoir les masques le 7 mai, finalement nous les avons eus le 11. Avec quatre jours de retard, certes, mais fabriqués par une entreprise du Loiret. Je tiens, en effet, à faire travailler des locaux » déclare Sandra Diniz-Salgado, présidente des buralistes du Loiret.

« Depuis, ça y va. J’avais pris des commandes avant d’être livrée. Et puis je vais faire des livraisons. Les gens préfèrent les masques en tissu aux jetables » (La République du Centre).

•• Bar, restaurant, épicerie, pain, gaz, tabac, presse, droguerie, location de la salle pour des festivités … le Camerone est le seul commerce de Saint-Christophe-des-Bois (500 habitants, près de Vitré). Les gérants sont à bout de souffle et peineront à se relever tant que leur côté bar et restaurant restera confiné.

Ce n’est pas faute d’avoir du monde chez eux et des idées plein la tête : pour satisfaire toujours plus encore les habitants, ils ont fait venir une coiffeuse, sans rien en échange, installée entre le bar de tabourets retournés et la télévision en marche.

« On arrivait de Polynésie. En venant ici en juillet dernier, on savait que pour tenir, il fallait au moins trois activités : Le bar, le restaurant et l’épicerie. Depuis deux mois, il ne reste que l’épicerie. Et là, c’est dur. »

Tout comme quand ils avaient fait venir un tatoueur, il y a quelques mois. Quinze tatouages en deux jours mais pas un sou dans leur poche. C’est le deal, un service qu’ils proposent, pour aider, pour animer : « la vie d’un petit village, c’est ce qu’on voulait en arrivant de notre petite île de Moorea. La nature, le lien de proximité avec les gens. Alors, un bar dans une si petite commune, c’est de la vie. Tant qu’il restera fermé, la vie sera endormie » (Ouest France).