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22 Mai 2020 | Profession
 

Épisode 11 de notre revue de presse des témoignages de buralistes à travers les régions (voir 21 et 20 mai).

•• À l’activité initiale de bar-tabac, un buraliste de Rieutort-de-Randon (770 habitants, à 17 kilomètres de Mende) a ajouté au fil des ans le transport médical, la location de vélos électriques.  Il est même devenu moniteur-accompagnateur breveté de balades.

Alors quand l’annonce du confinement est tombée, lui et ses associées se sont sentis un peu perdus : « on s’est retrouvé à trois, avec plus rien. Le tabac payait les frais. Il n’y avait plus de taxi, plus de bar ».  Si les échéances de prêts sont reportées, le rabais consenti par l’assurance lui paraît bien dérisoire … Mais le trio n’est pas du genre à rester les bras croisés.

Juste avant le confinement, il avait prévu d’ouvrir un magasin dédié au vélo. En deux mois, l’ancienne pizzeria du rez-de-chaussée s’est ainsi transformée. Les balades ont repris aussi, pour dix personnes moniteur compris, le dimanche matin. « Depuis le 11 mai, nous en avons fait une vingtaine. Pour les vélos qui dormaient, c’est l’occasion de les remettre en route. Souvent, ils sortent du grenier, il y a un peu de boulot. Ça relance l’activité, c’est une bonne chose. »

Et il y a un mois, une associée s’est mise à confectionner des burgers en livraison ou à emporter, midi et soir. Le succès est au rendez-vous, au point que la prestation se poursuivra. « Ce n’est pas évident, c’est vrai, mais il faut garder le moral et essayer de passer la période ». Tous trois ont hâte de rouvrir le bar et de retrouver du monde en terrasse (Le Midi Libre).

•• Les buralistes du Gambetta – un bar-tabac-presse du centre-ville de Bressuire (19 400 habitants au nord des Deux-Sèvres) – gardent le moral. Et pourtant, « ce n’est pas le tabac qui fait vivre deux personnes dans un commerce. Nous sommes tous les deux dans la même galère, la situation ayant eu un impact certain sur nos salaires. 

« Dans l’immédiat, notre commerce n’est pas en péril. C’est en fin d’année qu’il faudra régler toutes les charges sociales. Nous avons eu droit à un prêt d’État, indispensable pour notre trésorerie, et à l’aide de l’État de 1500 euros pour le mois de mars. Je pense que nous aurons le même soutien pour le mois d’avril.

« Aujourd’hui, nous avons espoir que la situation redémarre le 2 juin, que nous retrouvions ce lien social qui manque tant (…) Depuis une quinzaine de jours, les ventes de tabac sont normales. Mais nous avons perdu cette clientèle de personnes qui s’installent à la terrasse, prennent une boisson, jouent à des jeux. Vivement la réouverture totale du commerce tout en sachant qu’il y aura des contraintes et qu’il faudra être vigilants » (Ouest France).

•• Aux commandes de leur bar-tabac-presse à Arnèke (1 620 habitants, 20 kilomètres d’Hazebrouck et 15 kilomètres de la Belgique), un couple n’a jamais connu une telle situation. Depuis le début du confinement et la fermeture des frontières, il a vu beaucoup de nouveaux clients … même s’ils ne sont pas arrivés immédiatement. « Ils avaient fait des réserves en Belgique juste avant ».

« On se rend compte que les gens n’ont pas arrêté de fumer ! Ils préfèrent aller en Belgique car c’est moins cher » poursuit-il en espérant que le gouvernement changera de politique de santé vis-à-vis du tabac. Pour eux, les augmentations de prix n’ont que très peu d’impact sur le nombre de fumeurs, mais touche de plein fouet les buralistes français.

Si l’activité tabac est boostée, le buraliste souffre de la fermeture du bar, très fréquenté notamment le week-end (Nord Matin / Le Littoral).

•• Installé depuis novembre 2019 à Vion (1 445 habitants, près de Sablé-sur-Sarthe), le patron du bar-restaurant a été contraint d’arrêter la restauration traditionnelle avec le confinement. Mais, il a réagi assez vite en proposant des plats à emporter tous les vendredis, midi et soir. Les mardis, des pizzas, pour les semaines paires et hamburgers, les semaines impaires, à la vente et à emporter.

La seule aide reçue vient de la commune, puisque la mairie a décidé de lui supprimer le loyer professionnel pour trois mois : « je remercie la municipalité pour ce geste qui m’a aidé, et je remercie aussi les habitants qui m’ont soutenu pendant cette période » confie-t-il.

En plus de ses diverses activités (restaurant, tabac, jeux), il fait aussi dépôt de pain (Ouest France).