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23 Mai 2020 | Profession
 

Épisode numéro 12 de notre revue de presse des témoignages de buralistes à travers les régions (voir 22 et 21 mai).

•• Originaire d’Hennebont (15 000 habitants, 14 kilomètres de Lorient), elle a plaqué son métier d’assistante sociale pour y ouvrir un bar-tabac en 2017.

Passé le petit stress des débuts, la trentenaire se sent très vite comme un poisson dans l’eau : « j’aime le contact, je suis à l’écoute, c’est un petit café de quartier ici. Mes petits anciens, ça leur manque, ils ne se sont pas retrouvés depuis deux mois. Ils passent faire un petit coucou, demandent si j’ai reçu des masques ».

Car la crise du Covid est passée par là. Un sacré coup dur : « le 17 mars, il y avait plein de monde, un tournoi du club de fléchettes que j’accueille, on venait de percer un fût de 30 litres de bière … En trois ans, c’est la première fois que j’ai regretté d’avoir changé de vie professionnelle. »

Le tabac a pu rester ouvert, mais cela ne suffit pas. Côté soutien, tout a bien fonctionné : « j’ai monté les dossiers très vite et ça a suivi. Ma banque m’a bien soutenue. Et j’ai reçu l’aide de 1 500 euros, puis j’ai contracté un prêt garanti par l’État. » Son assurance a tardé un peu mais ça y est.

Depuis deux semaines, elle a retrouvé de l’air et s’inquiète maintenant de la réouverture, les conditions sont tellement floues : « je crois que je préfère rouvrir en juillet dans de vraies bonnes conditions plutôt qu’à moitié, avec des conditions drastiques. J’attends de voir ce qui sera annoncé le 25 mai » (Ouest France).

•• « Clairement, dès que les tabacs ont rouvert en Belgique, on a eu moins de clients. Ce n’est plus la ruée comme au début du confinement » constate une buraliste à Dunkerque. « Il reste encore les gens qui n’ont pas de moyens de locomotion et ceux qui n’osent pas aller en Belgique par peur d’être verbalisés et ils nous le disent ».

Elle s’est rendu compte que « certains clients qui venaient acheter du tabac pendant le confinement, alors que d’habitude ils ne venaient que pour la presse ou les jeux, n’achètent plus de tabac depuis que les magasins belges ont rouvert ».

Mais certains en ont payé le prix fort : « une cliente nous a raconté que son beau-frère était allé en Belgique et qu’il s’était fait attraper. Il a eu une amende de 250 euros et la police lui a confisqué toute la marchandise » (La Voix du Nord).