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16 Mai 2020 | Profession
 

Épisode numéro 6 de notre revue de presse des témoignages de buralistes à travers les régions (voir 15 et 14  mai).

•• « Dès le premier jour du déconfinement, on a senti très nettement une baisse des ventes de tabac, surtout de pots. On est presque revenu à la normale » constate Christophe Biani (président des buralistes des Ardennes et implanté à Donchery).

« On peut se dire que les Français bravent les interdits et passent la frontière. En deux, trois jours, ils sont repartis de l’autre côté. Et ce, malgré les contrôles car les douaniers sont bien là ».

« Pour les départements frontaliers, on peut dire que la diversification est indispensable » (Radio Ardennes 8).

•• « Nous essayons de faire passer des messages de protection aux clients. Le plus compliqué a été d’expliquer pourquoi nous ne pouvions pas ouvrir le bar » explique un couple de buralistes à Mondeville (9 800 habitants, près de Caen). « Seules deux personnes sont autorisées à entrer en même temps et nous laissons les deux portes ouvertes pour aérer au maximum. Nous constatons que les clients sont satisfaits de ne pas se trouver à plusieurs ».

Côté chiffres d’affaires, c’est la baisse : de 20 à 30 % pour le tabac, jusqu’à 40 % pour la presse … par manque d’approvisionnement.

Pour le bar-restaurant, le couple sait que ce sera compliqué et ne se projette pas, pour l’instant. « C’était important pour nous de ne pas fermer, de maintenir le lien social. Nos clients nous remercient d’être restés ouverts pendant le confinement et ils nous gratifient souvent d’un : bon courage ! » (Ouest France).

•• Lasse de connaitre des ruptures de produits dans ses livraisons de tabac, une buraliste de Loos-en-Gohelle (près de Lens) a mis une pétition en ligne. « Je suis livrée tous les 15 jours. Sur ma dernière commande, je devais recevoir 152 cartouches, on ne m’en a livré qu’une partie. Comment je fais pour travailler et servir mes clients si je n’ai rien à leur vendre ? ».

Alors, pour obtenir plus de marchandises, ses collègues et elle doivent se rendre dans un Centre de Réapprovisionnement, « mais mes collègues, ils sont comme moi, ils leur manquent aussi des produits. Donc les files sont interminables ».

Selon elle, le problème est qu’aujourd’hui le tabac, qui n’est plus manufacturé en France, ne peut plus passer les frontières; alors qu’avec la fermeture de celles-ci – en l’occurrence avec la Belgique- elle a vu de nouveaux clients arriver. La demande a doublé depuis l’annonce du confinement. « Mais si je ne suis pas livrée, je ne peux pas vendre. Sauf que mon commerce, c’est mon gagne-pain, si je ne vends rien, je ne gagne rien. Alors comment on fait ? ».

« Pour les timbres, c’est pareil. La Poste, elle n’ouvre que le mercredi, alors les gens comptent sur moi. J’ai mis un mois pour avoir des timbres, et encore, je n’ai pas eu les enveloppes pré-timbrées ni rien » explique-t-elle excédée (La Voix du Nord).

•• Dans la Nièvre, beaucoup de buralistes attendent les masques commandés. « Tous les quarts d’heure, des gens viennent nous demander des masques » rappelle un buraliste à Decize. En attendant, il distribue aux clients qui ne peuvent vraiment pas se déplacer quelques masques que lui a fournis La Française des Jeux.

• « Les gens nous en demandent tous les jours, tous les jours … » constate une consœur à Nevers.

• À Cosne, un buraliste a préféré annuler la commande. Elle vient d’être remboursée.

Benoît Poursin (président des buralistes du département ) demande à ses confrères d’attendre encore « une bonne semaine, avant de frapper à d’autres portes ». Autrement dit, avant de se rapprocher d’autres fabricants de masques en tissu : « tout en étant vigilant sur la qualité des produits proposés » tient-il à préciser (Le Journal du Centre).