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15 Juin 2020 | Profession
 

Épisode 31 de la revue de presse des témoignages de buralistes à travers les régions (voir 14 et 13 juin).

•• Le 15 juin, « tout va recommencer » annonce Antoine Palumbo, président des buralistes de Moselle. Ses collègues, tous frontaliers, ont ressenti immédiatement le déconfinement : « malgré la surveillance des frontières et l’interdiction d’aller à l’étranger, des consommateurs sont immédiatement allés faire leurs courses au Luxembourg ou en Allemagne, il ne faut pas rêver ».

Le représentant de la profession, installé à Talange, s’attend à voir le mouvement s’accélérer à la réouverture annoncée des frontières. « Les gens vont reprendre leurs habitudes. Comment justifier aujourd’hui qu’on trouve du tabac deux fois moins cher de l’autre côté de la frontière ?  Ce qu’on vient de vivre doit mener à une vraie politique sur le sujet et à des prix identiques partout. Si on veut mener une politique européenne contre le tabagisme, pourquoi ne pas limiter le nombre de paquets achetés quotidiennement ? »

Antoine Palumbo pense que « les buralistes ont de la chance d’être restés ouverts durant la crise. L’État a demandé que l’on soit là pour aider, rassurer les gens. On l’a fait. »

L’activité n’a pas cessé mais ça n’empêche pas certains professionnels de connaître des difficultés financières. « Certains souffrent, c’est évident. En Moselle-Est, des collègues avaient recommandé des pots de tabac. Sauf que la demande s’est effondrée avec le déconfinement. » Le syndicat est intervenu pour trouver une solution et échelonner le paiement. « Si on nous prévient à temps, on aidera les collègues fragilisés  » (Le Républicain Lorrain).

•• Masque sur le visage, un buraliste s’affaire à préparer des cafés derrière le comptoir de son bar-tabac de Sedan. « Ce n’est pas la cohue. Les gens sont un peu timides. Je pense qu’ils ont un peu peur. »

En plus du contexte épidémique, la météo, moins clémente depuis le début du mois, y est sans-doute pour quelque chose : « j’espérais qu’on ait davantage de soleil, comme pendant le confinement, pour que les gens aient envie de s’installer en terrasse. »

Les clients peuvent pourtant s’attabler à l’intérieur des cafés si le temps ne s’y prête pas. Le buraliste estime qu’« il y a eu un amalgame avec la zone orange, comme en région parisienne » où seules les terrasses sont autorisées (Le Courrier Picard).

•• Après cinq mois de rideau baissé, le bar-tabac-restaurant de Maël-Pestivien (400 habitants, 25 kilomètres de Guingamp) a trouvé repreneurs et rouvert il y a une semaine. Un lieu de vie pour les habitants, mais aussi une attraction économique indispensable pour la commune.

Diplômé de l’école hôtelière, le nouveau patron était cuisinier dans la Marine nationale. Les travaux de la terrasse, prévue dans le projet d’aménagement du bourg, devraient démarrer la semaine prochaine : « nous envisageons aussi un grand jardin à l’arrière, y installer des tonnelles. »

Le couple prévoit un restaurant ouvrier le midi, ouvert à tous (« l’espace près du restaurant pouvant accueillir plusieurs camions de chauffeurs routiers ») et sans réservation et « le soir, plats à emporter et organisation d’événements privés familiaux, d’entreprises ou associatifs. »

L’établissement va abriter, en effet, de nombreuses activités  : bar, tabac, dépôt de pain (sur réservation), viennoiseries, presse, petite épicerie; elles seront dans les mois à venir complétées (Française des Jeux, dépôt de gaz, relais colis, timbres postaux et amendes).

Évidemment les mesures sanitaires ont été prises : « gel hydroalcoolique. Salle, caisse, bar, tables restaurant désinfectés à chaque passage. Et pour respecter la distanciation, une table sur deux, soit environ une trentaine de couverts. » (Ouest France)