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23 Mai 2020 | Profession
 

Les mesures sanitaires qui accompagneront l’ouverture des activités bar-brasserie-restaurant seront connues en début de semaine prochaine : pour application, au plus tôt le 2 juin, dans les départements de la zone verte (voir les 7 et 22 mai).

•• Jusqu’au bout, les organisations du secteur CHR discutent pied à pied avec les autorités afin de trouver les meilleurs compromis entre exigences sanitaires liées au déconfinement et réalités de l’exploitation d’un établissement.

Parmi ces organisations, il y a la Confédération parlant au nom des 15 000 bar-tabac-brasserie-restaurant du réseau des buralistes et qui reste, sur ce sujet, en relation permanente tant avec l’Umih (Union des Métiers de l’Industrie hôtelière) qu’avec le GNI (Groupement national des Indépendants)-Synhorcat.

•• Hier, vendredi 22 mai, Philippe Coy a encore eu une téléconférence avec Didier Chenet (président du GNI), puis un entretien avec un collaborateur de l’Élysée sur le sujet.

Pour mesurer l’âpreté des discussions entre représentants des professionnels et l’administration, extrait d’une interview de Didier Chenet sur RTL, hier midi :

RTL : qu’est-ce qui pose problème dans la négociation du protocole sanitaire ? C’est la règle des 4 mètres carrés entre chaque client ?

Didier Chenet : exactement, c’est totalement impossible, irréel d’imaginer que nous puissions réserver 4m2 par client. Nous avons travaillé avec toute la profession sur un protocole sanitaire extrêmement rigoureux car bien sûr, ce qui nous importe, c’est assurer la sécurité de nos clients et de nos salariés. Nous avons mis en place ce protocole, il a l’accord du ministère du travail mais aujourd’hui, la DGS voudrait rajouter à notre protocole la mesure des 4 mètres carrés

Comment voulez-vous que nous puissions rentabiliser notre affaire si nous divisions par 4 notre chiffre d’affaires. Je rappelle que la norme aujourd’hui est une personne, un mètre carré donc là, on passerait d’une personne, 4 mètres carrés donc diviser par 4 notre chiffre d’affaires. C’est impossible, aucune entreprise ne peut atteindre l’équilibre avec 25 % de son CA.

RTL : Les restaurants vont rester fermés ?

Didier Chenet : C’est très clair. Nous avons dit que si la règle des 4m2 devait s’appliquer et bien, nous ne pourrions pas ouvrir donc tout le travail qui a été fait, tout le plan d’accompagnement du Gouvernement, tout le travail que nous avons fait, tous les efforts que nous comptions entreprendre, tout cela est mis à plat car encore une fois, on ne va pas ouvrir nos affaires pour perdre de l’argent, c’est complètement absurde !

RTL : Quelle serait la bonne jauge ?

Didier Chenet : Dans les mesures que nous avons préconisées avec les 1 mètre de distanciation entre les tables, 1 mètre de distance entre les convives et tout, on arrive à peu près à 2,25 mètres carrés donc vous voyez déjà, nous, nous prenons des mesures extrêmement drastiques qui font que déjà, on sait qu’on va diminuer de 50 % notre CA.

Nous ne voulons pas entendre parler de volumétrie, nous voulons dire : on va respecter les règles, on va respecter le 1m et vous verrez que la sécurité sera assurée. Nous avons prévu le port des masques pour notre personnel. Le menu ne sera pas un menu distribué à toute la table, gel hydroalcoolique à l’accueil. Nous ferons attention à ce que certains clients ne dérapent pas et ne respectent pas ces règles barrières.