Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
16 Mai 2020 | Trafic
 

Les revendeurs de tabac à la sauvette pullulent à Calais. Comment se fournissent-ils alors que la frontière belge est, en principe, fermée ? Enquête de Nord Littoral.

Il suffit de traîner quelques minutes sur des groupes Facebook pour tomber sur une offre alléchante. Les groupes sont publics et ces vendeurs dans l’illégalité développent leur business à la vue de tous.

•• Un exemple recueilli auprès d’un travailleur frontalier sous couvert d’anonymat.

« Je travaille en Belgique et tous les deux ou trois jours, je vais chercher une dizaine de seaux de tabac. Je les achète 31 euros l’unité et les revends 40 euros. Ça me permet de payer mon essence et de gagner un peu d’argent. Je me fais contrôler à chaque fois que je rentre en France, mais je n’ai jamais de souci. Même quand je ramène un peu plus de dix seaux. J’ai déjà passé 17 seaux sans problème. »

•• « C’est hallucinant de voir ce qu’ils proposent » réagit le buraliste du « Persan », « il y en a même qui offrent des paquets de cigarettes ou même des pots à tabac si vous prenez plusieurs articles. Ce sont des produits qui viennent de Belgique et je ne comprends pas comment ils peuvent avoir autant de stock avec la fermeture des frontières ».

•• Deux acheteurs ont accepté de témoigner de manière anonyme.

Le premier se fournit régulièrement chez un particulier qui habite à Calais et vend du tabac depuis plusieurs mois : « il vend principalement des pots ou des seaux de tabac. Toujours la même marque. Le tabac vient de Belgique, il le vend un peu plus cher mais c’est toujours moins coûteux et le tabac est meilleur. »

Le second s’est attaché aux quantités présentes chez son revendeur  : « j’ai compté vingt seaux en largeur, dix en hauteur, mais je n’ai pas pu voir la profondeur ». Plus de deux cents seaux avec un prix affiché en Belgique à 29 euros pour un prix de revente à 45 euros … calcule le quotidien.

•• Depuis plusieurs semaines, le phénomène semble avoir pris de l’ampleur. « On parle de quantités beaucoup plus importantes » enchaîne le patron du « Persan ». « Rien que dans ma rue, je peux vous montrer deux ou trois maisons où on peut acheter du tabac » assure un buraliste du quartier des Cailloux, « ils viennent même voir mes propres clients dans la file d’attente pour leur proposer leur tabac. J’en ai même surpris certains qui vendent aux mineurs ».