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9 Fév 2017 | Pression normative
 

Levier de bouclier dans les médias après la publication du rapport annuel de la Cour des comptes mettant en cause le monopole de la vente du tabac par les buralistes (voir Lmdt du 8 février). Exemples

• BFMTV (ce matin), Joseph Osman (président de l’(ex) Office français de Prévention du Tabagisme) : « si on élargit cette vente, on peut l’élargir aux épiceries, comme dans un certain nombre de pays, aux distributeurs automatiques, comme dans d’autres, et pourquoi pas en pharmacie. On peut tout imaginer … Quand on élargit le champ possible de distribution, cela a plutôt tendance à entraîner une diminution du prix de vente aux clients. Il est donc vraisemblable que cela augmenterait la consommation de cigarettes en France ».

• Gérard Vidal (président de la fédération Midi-Pyrénées et de la Commission des buralistes frontaliers) après un micro-trottoir auprès de jeunes fumeurs : « effectivement, je peux me faire piéger sur la vente de jeux à gratter ou de tabac mais je ne vendrai même pas un ticket à un euro à un gamin qui entre. C’est la politique du jeu responsable et c’est la politique de santé. Si le tabac se retrouve en vente dans les supermarchés ou les distributeurs automatiques, les gamins pourront acheter plus facilement ».

• Sud Radio (ce matin), Cyrille Geiger (buraliste à Paris) : « Monsieur Migaud (président de la Cour des comptes/ ndlr) pense que Leclerc sera mieux à même de vendre du tabac que moi qui respecte l’interdiction de vente aux mineurs. Je pense que les lobbies de la grande distribution ont bien fait leur travail de lobby et c’est scandaleux (…) Monsieur Migaud reproche les 300 millions d’euros par an de subventions accordées aux entreprises buralistes, alors que le budget annuel de la Cour des comptes est de 200 millions d’euros. Monsieur Migaud a fait toute sa carrière en étant rémunéré aux frais du contribuable, alors que les buralistes portent la quatrième rente fiscale d’État … ».

• LÉclair (de ce jour), Philippe Coy (vice-président de la Confédération et président de la Chambre syndicale des Pyrénées-Atlantiques), tout aussi remonté : « c’est un faux procès … L’attitude démagogique de la Cour est d’autant plus difficile à accepter que la profession a présenté un projet de modernisation du réseau, source d’économies … ».

• M6 (hier), Patrick Falewee (vice-président de la Confédération et président de la fédération Nord) : « en trois ans, à 3 kilomètres autour de chez moi, 20 débits de tabac ont fermé. On a besoin d’être accompagné par l’État. S’il n’y avait pas ces aides, je pense que l’on en aurait perdu beaucoup plus ».

• RTL (hier), Bernard Gasq (président de la fédération Ile-de-France/Oise/Seine-Maritime) : « déjà, la Cour des comptes dépasse ses fonctions. Elle a été militante du paquet « Touraine » et elle a toujours été contre le Contrat d’avenir. Aujourd’hui, nous demandons qu’on nous écoute, toutes ces politiques menées durant ces dernières années n’ont rien amené de réel concernant la santé. Aujourd’hui, il faudrait de la prévention. Et aussi s’occuper du marché parallèle, de tout ce qui n’est pas vendu dans le réseau légal. L’État est bafoué, 3 milliards d’euros chaque année qu’il ne voit pas. Aujourd’hui, il faut la traçabilité des paquets de manière qu’il puisse y avoir des contrôles et des sanctions ».

• France Bleu Isère (hier), Thierry Meyronin (président de la chambre syndicale de l’Isère) : « il y a bien longtemps qu’on se diversifie tous et qu’on n’a pas attendu que la Cour des comptes nous en parle. On ne serait pas 25 000 buralistes encore, mais plutôt 10 000 ». En précisant que dans le département, le chiffre d’affaires lié au tabac avait baissé de 1,7 % en 2016.

• France Bleu Drôme-Ardèche (ce matin) : « ils devraient venir travailler une journée avec nous et ils verraient qu’on n’est pas des nantis. Avec tout ce qu’on nous a imposé ces derniers mois, on travaille plus pour gagner moins » proteste un buraliste de Valence. « Ça me fait rire. En tout cas, ce n’est pas moi qui ait bénéficié de ces aides. C’est certainement les frontaliers, mais pas les petits buralistes de quartier » renchérit une consœur.