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1 Avr 2020 | Observatoire
 

Il n’y a pas de nouvelle étude parue sur le développement de symptômes potentiellement plus graves pour les consommateurs de tabac, victimes du Coronavirus, depuis celle du New England Journal of Medicine (voir 7 mars). 

Mais le communiqué alarmant du Comité national contre le Tabagisme sur l’éventuel risque de la fumée de la cigarette ou la vapeur de l’e-cigarette (voir 29 mars) a réveillé les médias sur le sujet. Avec plus ou moins de subtilité dans le traitement comme cette illustration de France 3 Centre Val de Loire (voir ci-dessus).

Plus sérieusement …

•• Les fumeurs ne font pourtant pas partie de la liste des personnes les plus à risque, dressée par le Haut Conseil de la Santé publique (HSCP).

Mais cette liste, « non exhaustive », « a vocation à être réactualisée à mesure que l’on a davantage de données sur ce virus », explique au Figaro son président, Franck Chauvin. « Le tabac n’est certes pas considéré comme un facteur aussi probant que le diabète ou l’immunodépression.

« Mais toutes les personnes qui ont des fragilités pulmonaires et qui sont susceptibles d’avoir une BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive, maladie chronique inflammatoire des bronches très souvent liée au tabagisme) doivent faire attention : dès lors qu’il y a défaillance des capacités pulmonaires, le Covid-19 risque de renforcer ces atteintes de façon parfois dramatique ».

•• De son côté, le Centre européen de Prévention et Contrôle  des maladies (ECDC) évoque le rôle que pourrait jouer une enzyme – appelée ACE2 – dans la transmission de la maladie(étude de l’université de Caroline du Sud).

Comme l’explique Jean-Philippe Santoni (Fondation du Souffle), toujours au Figaro, « le virus est comme un vaisseau spatial ennemi qui vient s’accrocher à une cellule et l’un des récepteurs sur lesquels il s’accroche est cette enzyme ACE2, qui est notamment surexprimée chez les fumeurs chroniques ».

•• Le Parisien pointe de son côté le mouvement continuel de la main vers la bouche des fumeurs, comme des vapoteurs. D’où l’importance de respecter les gestes barrières et de se laver les mains aussi souvent que possible.

« Le fait de partager une cigarette, un joint, un dispositif de vapotage ou tout autre produit ou tout autre matériel peut favoriser aussi les contaminations » confirme la Direction Générale de la Santé auprès du Figaro.

•• Autre risque, le tabagisme passif en cette période de confinement. « La fumée du tabac, qui génère des particules, est le premier polluant domestique en France » rappelle le pneumologue Jean-Philippe Santoni. « Pour ce virus on en est encore au stade des hypothèses, mais si on se base sur ce qui a été observé pour d’autres coronavirus, il est possible que les particules puissent être vecteur du virus et favoriser sa pénétration dans les bronches ».

« La contamination par l’air est infime pour le coronavirus. Le vrai risque, c’est surtout d’exhaler et de tousser en même temps car on sait que la contamination au coronavirus se fait par transmission de gouttelettes de salive infectée » nuance, sur France 3, Bertrand Dautzenberg, tabacologue et secrétaire général de l’Alliance contre le tabac.

Face à tous ces risques, les médecins sont unanimes : il faut voir en cette période une véritable opportunité pour amorcer un sevrage. Sous une forme ou une autre.