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29 Avr 2020 | Observatoire
 

Le Premier ministre Édouard Philippe a confirmé que le 11 mai verra le feu passer vraiment au vert pour la réouverture des commerces.

Sans attendre, les enseignes se préparent et affinent leurs protocoles de sécurité sanitaire. Les patrons font de même avec leurs modèles économiques … Enquête des Échos.

•• Le triptyque masques, gants, gel hydroalcoolique sera roi dans tous les commerces.

Les parois de Plexiglas aux caisses s’y ajouteront. La distanciation physique sera la règle, ce qui passe par des marquages au sol. Elle peut prendre la forme d’une limitation d’un nombre de personnes dans le magasin, avec des ratios fonction du nombre de mètres carrés : 12 clients pour 300 mètres carrés, par exemple.

Pour leur part, les centres commerciaux proposent de passer de trois mètres carrés par personne à dix.

•• Le « click and collect » pourrait continuer à se développer. Les opticiens et d’autres privilégieront la prise de rendez-vous permettant au client de venir à une heure donnée.

Problème : cette division par trois du nombre de clients renforcera la qualité du conseil des vendeurs, mais diminuera les chiffres d’affaires, sauf si le panier moyen augmente.

•• « Il faut trouver le bon équilibre entre les règles de santé et les nécessités de l’activité économique » explique Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du Commerce, « le jour où l’on rouvre, on retrouve tous les coûts d’exploitation, avec sûrement au début une partie seulement des recettes. »

« Le plus grand risque, ce ne sont pas les conditions de sécurité, mais le fait de rouvrir sans clients » souligne Éric Mertz, président de la Fédération nationale de l’Habillement. Selon une étude, 90 % des consommateurs d’habillement se sont totalement abstenus d’achat depuis le 15 mars, mais 50 % seulement se disent prêts à racheter des articles de mode pour la réouverture. « Dès la fin du confinement, les marques vont nous demander de payer les stocks. La situation est apocalyptique » se plaint Éric Mertz.

•• « Tous les magasins ne rouvriront pas immédiatement » prévient Bertrand Clémencin, en charge de la distribution au cabinet BearingPoint. « Les enseignes ne savent pas si les clients seront nombreux dans un premier temps. Certaines manqueront de personnel en raison des employées qui garderont leurs enfants ou de ceux qui feront jouer un droit de retrait ».

« Assistera-t-on à du « revenge shopping » ? » s’interroge Bertrand Clémencin. Par exemple, en France, les magasins de bricolage pourraient profiter de la frustration des confinés qui n’ont pas pu aménager leur résidence et planter leur jardin alors qu’ils en avaient le temps et que la météo s’y prêtait.

L’équipement en meubles n’a pas non plus été satisfait. Les expériences d’e-commerce menées par Conforama, par exemple, prouvent que la demande est là.

•• Mais les consommateurs sont aussi des salariés. Dix millions d’entre eux sont au chômage partiel et ne toucheront que 70 % de leur salaire brut pour la période fin mars-début mai. Leur pouvoir d’achat risque d’être amputé d’autant.