Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
30 Mai 2021 | Profession
 

Depuis quelques années déjà, une tendance de fond se dessinait sur le marché du papier journal.

Du fait de la baisse de la vente de journaux et du recul de l’utilisation d’imprimés publicitaires, la consommation était en repli. Mais avec la crise sanitaire, les tensions sur ce marché du papier à journal sont devenues plus graves.

Nous reprenons une analyse du Figaro en 5 points.

1 • Déjà, nombre de sites papetiers se convertissent à la fabrication de cartons, en plein essor grâce au développement du commerce en ligne. Dernier acteur en date: le papetier finno-suédois Stora Enso, l’un des plus grands groupes mondiaux du secteur, qui arrêtera sa production de papier en fin d’année.

2 • Retour en arrière. « Depuis dix ans, le marché du papier pour la presse est chahuté. Il y a constamment une mécanique de régulation de l’offre et de la demande. Et les cycles industriels sont longs », explique Marc Tonkovic, directeur industriel du Groupe Figaro.

Lorsque les grands papetiers ferment des capacités de production, cela provoque un à-coup sur le marché durant une courte période. « (…) Les quatre-six mois qui suivent l’arrêt de machines sont difficiles. Car cela crée une pénurie ultra-locale, et les prix connaissent une hausse brutale » ajoute-t-il.

La dernière vague de fermetures d’usines, en 2017, avait entraîné une hausse de 25 % du prix d’achat du papier. Un coût très difficile à supporter pour le monde de la presse, alors même que l’achat de papier représente plus d’un tiers du coût de revient de fabrication d’un journal.

3 • La crise du Covid a accéléré la baisse de la consommation de papier. Lors du premier semestre 2020, les prix se sont effondrés, car les papetiers craignaient de ne pas pouvoir occuper leur outil de production.

4 • Un an plus tard, le marché a de nouveau changé de visage. Il fait désormais face à une pénurie de « vieux papiers », qui constituent l’essentiel des matières premières pour la fabrication du papier blanc. Avec les confinements, la collecte et le recyclage du papier chez les particuliers et auprès des entreprises en Europe se sont arrêtés. « L’e-commerce a aspiré tous les vieux papiers en circulation sur le marché » résume un expert du secteur.

Or, si les vieux journaux peuvent être utilisés dans la fabrication de carton, le carton ne peut, lui, être utilisé dans la fabrication de papier. « Des papetiers scandinaves recommencent à couper du bois pour fabriquer de la matière première. De quoi bousculer le cycle vertueux mis en place par la filière ces dernières années » note ce professionnel.

5 •  Cette situation met en danger l’économie de nombreux journaux européens. « Les papetiers nous ont annoncé des hausses considérables de l’ordre de 20 % pour le deuxième semestre 2021, et ce pour une durée indéterminée », s’inquiète Mark Tonkovic.

Ces hausses imprévisibles du prix d’achat sont de nature à compliquer les projets de lancement de nouveaux titres.

« C’est la première fois que je vois une telle convergence de facteurs. Il faudra attendre un peu pour mesurer l’étendue des dégâts et envisager des solutions pour le secteur », conclut le directeur industriel du Groupe Figaro.