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21 Nov 2020 | Observatoire
 

Porter un patch de nicotine peut-il empêcher d’attraper le Covid-19? Pour tenter de le savoir, l’AP-HP (Hôpitaux de Paris) va lancer une étude nationale portant sur plus de 1 600 personnes, annonce l’AFP (voir 29 mai, 27 et 23 avril).

Certaines de ces personnes porteront des patchs de nicotine pendant 4 à 5 mois et d’autres des patchs de placebo, pour comparer et vérifier si la nicotine a un effet préventif contre le Covid-19.

•• À l’appui de cette hypothèse, l’AP-HP souligne que « les données épidémiologiques françaises montrent un taux de fumeurs actifs significativement plus faible dans la population Covid-19 que dans la population générale ».

« Ces données ont été aussi confirmées et renforcées par différentes études dont une étude montrant que l’utilisation de substituts nicotiniques chez les fumeurs est associée à une baisse significative du risque d’hospitalisation pour Covid-19 », poursuit-elle.

•• Toutefois, ce n’est surtout pas une raison pour fumer des cigarettes en espérant être protégé du Covid, souligne l’AP-HP : « le tabac tue beaucoup plus qu’il ne protège ».

« Le tabagisme est la première cause de mort évitable encore en 2020 et rien ne permet d’espérer un rapport risque/bénéfice positif du tabagisme dans la lutte contre le Covid-19 », insiste l’AP-HP.

Le tabac contient de nombreuses substances dangereuses, comme le goudron (cancérigène) ou le monoxyde de carbone (facteur de maladies cardiovasculaires). Contrairement à ces produits, la nicotine n’est pas toxique, mais crée une forte dépendance.

•• On soupçonne qu’elle puisse avoir un effet protecteur contre le Covid « en inhibant la pénétration et la propagation du virus dans les cellules (grâce à une action sur les récepteurs d’entrée du coronavirus SARS-COV2) ». « Elle pourrait ainsi avoir un rôle prophylactique (prévention) sur l’infection Covid-19 », selon l’AP-HP.

Elle se fixe comme objectif de réunir 1 633 participants à l’étude en les recrutant parmi les « personnels soignants médicaux et non médicaux travaillant dans un établissement de santé (médecins, infirmiers, aides-soignants, kinésithérapeutes, brancardiers, manipulateurs radio, étudiants en santé …) ».

Ils devront être non-fumeurs (ou anciens fumeurs ayant arrêté depuis plus de 12 mois), ne pas avoir d’antécédent de Covid-19 et travailler « au contact de patients (qu’ils soient ou non atteints de Covid-19) ».

•• « Les inclusions viennent de démarrer dans les hôpitaux de la Pitié-Salpêtrière et Charles-Foix (AP-HP). Elles ont vocation à s’étendre sur le territoire national dans 15 centres hospitaliers, dont le Groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud-Alsace ces prochains jours », conclut l’AP-HP.

Au printemps, des chercheurs français avaient déjà émis l’hypothèse que la nicotine puisse avoir un effet protecteur contre le Covid-19. Cela avait conduit le gouvernement à limiter la vente des substituts nicotiniques pour éviter une ruée (voir 24 avril).