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30 Avr 2020 | Profession
 

Épisode 43 de notre revue de presse des témoignages de buralistes à travers les régions (voir 29, 28 et 27 avril).

•• « Nous avons rapidement réagi au niveau confédéral. Nous avons trouvé un accord avec l’entreprise Lainière Santé qui fournit des masques cousus fabriqués en France » rappelle Fabrice Lefebvre (président des buralistes de l’Eure et dont l’établissement est à Val-de-Reuil).

Il en appelle donc à la responsabilité de chacun afin de pouvoir équiper le plus grand nombre de clients possible : « nous sommes des commerces d’utilité locale. Notre rôle à nous, c’est de vendre des masques pour le grand public. Légalement, si on me demande vingt masques, j’aurai le droit de les vendre. Mais il faut aussi penser à l’attente locale et essayer d’en donner à tout le monde ».

« Nous allons quasiment les vendre à prix coûtant comme nous l’avons fait pour le gel hydroalcoolique. Le but n’est pas de gagner de l’argent » conclut Fabrice Lefebvre (actu.fr).

•• Comme quelques-uns de ses collègues, Patricia Lavolo (présidente des buralistes de la Mayenne) a pu passer commande dès la semaine dernière. Sauf qu’il  « il va falloir encore un peu de patience », dit-elle ( …) « Ce sera un service rendu » (France Bleu Mayenne).

•• « J‘ai déjà mis 60 masques de côté pour le patron d’une petite entreprise. Je privilégierai les gens qui travaillent et les personnes âgées qui ne peuvent se déplacer » déclare une buraliste de Laval (Mayenne) en l’attente de recevoir sa commande passée dès vendredi dernier.

Elle les vendra entre 3,50 et 4 euros : « on peut les vendre jusqu’à 5 euros, mais je ne ferai pas de bénéfices dessus. C’est un service rendu aux clients, au même titre que la vente de timbres et de journaux ».

Elle envisage déjà de repasser commande. Même si cela risque d’être encore plus compliqué : « face à l’afflux de la demande, les quantités disponibles ont diminué. Je ne pourrai sûrement en obtenir qu’une centaine pour le moment  » (Ouest France).

•• « Il ne se passe pas un quart d’heure sans que des clients nous demandent si nous vendons des masques, et quand nous les recevrons » constate le buraliste d’un bar-tabac-presse à Paramé (8 000 habitants, jouxtant Saint-Malo).

« On doit passer commande auprès de la Confédération en donnant notre numéro de Douane, C’est quand même sérieux. J’ai commandé 200 masques, surtout pour rendre service à mes clients   » (Ouest-France).

•• La patronne du bar-tabac de Tréglonou (630 habitants, au nord du Finistère) essaie de naviguer dans le gros temps généré par le confinement en étoffant son rayon épicerie : boissons à emporter, lait, farine, café, pâtes… Une commande est en cours pour des masques aux normes Afnor via la Confédération.

« J’ai perdu plus de 50 % de mon chiffre d’affaires en mars. En avril, ce sera pire … Une paella-party a été proposée par un habitant du village afin de soutenir le commerce, que l’on proposera dès que le bar pourra ouvrir. Une initiative qui m’a touchée » (Le Télégramme).

•• Si tous les buralistes sont restés ouverts sur Albertville (18 000 habitants, Savoie), tous n’ont pas été impactés de la même façon. Certains ont perdu jusqu’à 70 % de leur clientèle, d’autres n’ont vu quasiment aucun changement : avec des équipes restées au complet ou, au contraire, réduites au minimum.

• Beaucoup se sont adaptés aux nouveaux modes de vie, liés au confinement. « Nous avons mis en place un système de livraison à domicile » explique une buraliste de tabac-presse, « ce sont surtout les personnes âgées qui ont fait appel à ce service. Magazines, journaux, jeux, mots croisés, les gens ont besoin de s’occuper. »

• La nature des ventes a beaucoup évolué, comme pour ce buraliste implanté près de la gare : « côté PMU, c’est le grand vide, tout est arrêté. Même constat pour les paris sportifs. Et côté jeux de grattage, la baisse est d’au moins 40 % ».

• Des baisses compensées par la vente de tabac : « deux facteurs expliquent cette augmentation : d’une part la fermeture des frontières et le transport routier, en forte chute, qui fait qu’il est impossible aujourd’hui de se fournir à l’étranger. D’autre part, l’approvisionnement qui se faisait par des réseaux parallèles, la contrebande, est inexistant durant cette période. Cela  représente un tiers des ventes, que l’on retrouve aujourd’hui dans nos bureaux de tabac  » (Le Dauphiné Libéré).

•• « On a dû couper notre activité en deux et quatre personnes sont au chômage partiel » résume le patron d’un bar-tabac de Dunkerque. Si la vente de tabac a augmenté de 50 % (« les trois-quarts des clients viennent pour ça »), les ventes de journaux et de magazines ont chuté, malgré cette forte fréquentation.

«  Ceux qui achetaient la presse étaient surtout la clientèle de quartier qui travaillait à côté. Maintenant que tout est fermé, on ne les voit plus. Mais on pensait quand même en vendre plus ». La vente de jeux à gratter perdure toujours, mais reste en net recul : « c’est souvent des gens qui vont à Leclerc et passent prendre un ticket sur la route, par exemple. Mais on encourage vivement à ne pas sortir pour cela » (Le Phare du Dunkerquois).