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3 Mai 2020 | Profession
 

Épisode 46 de notre revue de presse des témoignages de buralistes à travers les régions (voir 2 et 1er mai)

•• « … Nos clients sont demandeurs, tous les jours on me demande si je vends des masques » confie le patron d’un tabac-presse à Remiremont (3 803 habitants, à 30 kilomètres d’Épinal). « Et j’ai peur que le jour où je pourrai en avoir, il y en ait partout et ils vont me rester sur les bras »

En guise de dépannage, il s’est tourné vers son voisin de l’Association Relais Emploi Service qui a ouvert un atelier de fabrication temporaire de masques pour équiper la commune. « Ils doivent me recontacter dès qu’ils auraient les certifications. Nous avons déjà discuté du prix qui sera autour de 5 euros » indique-t-il.

Mais là encore, pas de date de mise en vente à indiquer à ses clients. Une situation d’autant plus rageante qu’à partir de ce lundi, craint ce buraliste, les grandes surfaces vont disposer de masques en grande quantité : « ce n’est pas normal. Je ne veux pas faire de business là-dessus, je veux surtout rendre un service à mes clients, qu’ils en aient à disposition ».

Chez lui, depuis le début du confinement, l’affaire tourne un peu au ralenti avec une réduction des plages horaires et des ventes, sauf le tabac qui se vend bien  (Vosges Matin).

•• « Nous avons multiplié les ventes de cigarettes par 10 » rapporte un buraliste de Bailleul  (14 300 habitants, à 30 kilomètres de Lille). « J’ai été en rechercher quatre fois pour ne pas être en pénurie. Jusqu’ici, je n’ai jamais été pris de court et je ne limite pas les ventes ».

En début de semaine, sa file d’attente comptait près de dix personnes, venant essentiellement chercher des cigarettes ou du tabac à rouler. « Nous voyons beaucoup de nouvelles têtes, on ne sait pas trop si ces personnes vont revenir après … »

D’autant que l’accès à la Belgique est déjà plus facile. La station essence et le petit commerce au Seau (sur la frontière) sont à nouveau ouverts et il n’y a aucun véhicule de police pour contrôler la limite entre les deux pays.

Chez « Anthony », côté belge donc, on vend de la nourriture et des boissons à emporter  (donc autorisé), mais surtout du tabac. Et les clients défilent sans interruption, venant en grande majorité de France. La file d’attente est longue puisque deux personnes seulement peuvent entrer dans le commerce en même temps. En revanche, ses concurrents du Mont Noir, notamment, sont contraints de rester fermés.

« C’est sûr que si l’accès à la Belgique est à nouveau autorisé, ça va baisser chez nous » mais le buraliste ne s’inquiète pas pour autant : « nous avons une belle affaire, ça marche bien et pas seulement en ce moment  ». (La Voix du Nord)

•• Le patron d’un bar-tabac à Lens (30 400 habitants, à 20 kilomètres de Béthune) n’imaginait pas faire tourner la boutique tout seul pendant le confinement, ses deux employées ayant cessé de travailler. Et, le 8 mai, jour de sa réouverture, ses deux employées continueront d’être au chômage partiel.

Le buraliste table sur « un tiers de la rentabilité habituelle », avec cette reprise partielle (sans la partie bar et le PMU). S’agissant de la protection, il peut compter sur un kit distribué par l’agglomération de Lens-Liévin avec du gel hydroalcoolique et sur « cinq masques en tissus, lavables », fournis par la Française des jeux.

Des masques, justement, il en vendra comme il est permis aux buralistes. « J’en ai commandé une centaine que je devrais recevoir sous 48 heures » espérait-il, « il y en a déjà 22 qui sont partis, en pré-commande. Je les vendrai à 5 euros ».

Pourquoi rouvrir le 8 mai ? Entre autres parce qu’il recevra son stock de tabac la veille. Un écran de protection en PVC doit encore être installé. Quant aux horaires d’ouverture, ils sont aménagés et … provisoires. (La Voix du Nord)