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21 Mar 2020 | Profession
 

Épisode 3 des témoignages de buralistes dans la presse, en cette fin de première semaine de confinement (voir 19 et 18 mars).

Le droit de rester ouvert n’est pas si simple à gérer entre mesures de protection et adaptation de l’activité.

•• Le bar-tabac-restaurant de Feuquières-en-Vimeu, à 20 kilomètres d’Abbeville (Somme), a mis en place des mesures pour inciter les gens à rester chez eux. « Ceux qui viennent chercher du tabac, je comprends. Ils ne vont pas arrêter à cause du confinement qui est, de plus, angoissant. Mais j’ai des clients qui venaient juste pour des jeux à gratter ! Pour ne pas inciter les gens à sortir pour des jeux qui ne sont pas vitaux, j’ai décidé de ne pas rembourser les jeux gagnants durant le confinement. Ça limite les trajets inutiles ».

Elle a également interdit le grattage dans son établissement. Pour limiter les flux dans le quartier, elle s’est aussi arrangée avec le boulanger et vend son pain en dépôt.

Elle veille aussi sur les personnes âgées autour d’elle : « « j’ai vidé ma réserve du restaurant, en ai congelé une partie et distribué autour de moi, à des clients ou des personnes âgées, ce qui restait. Ces dernières sont déconnectées, ne se rendent pas compte de la gravité de la situation, alors je vérifie qu’elles ont des courses. ».

Autre geste de solidarité : mettre à disposition gratuitement ses sanitaires aux routiers « entendre aujourd’hui que des stations-service vendent l’essence mais refusent une douche aux routiers, ça m’a fait réagir (…) Sans les routiers, les magasins ne seraient pas approvisionnés. Il faut être solidaire, ce n’est pas dix litres d’eau qui vont me ruiner » (Le Courrier Picard).

•• À Plélan-le-Petit (près de Dinan, Côtes-d’Armor), les facteurs sont les bienvenus chez ce couple de buralistes installé place de l’Église : ils y trouvent un endroit pour se laver les mains (voir 20 mars).

Lundi, « c’était pire qu’un 24 ou 31 décembre ! Nous avons eu 460 clients, alors qu’un lundi normal, c’est plutôt 300 en moyenne ». Mercredi, ce sont 173 clients qui sont passés, contre 290 en moyenne.

Conséquence : « nous avons choisi d’adapter les horaires, matin et après-midi, car nous avons aussi trois enfants à gérer et l’activité est plus calme quand même ». Faute de matériels de protection mis à disposition (gel hydroalcoolique, gants, masques), c’est la désinfection, toutes les demi-heures, de la poignée de porte, du comptoir … (Ouest France).

•• À Marbache (à 20 kilomètres de Nancy, Meurthe-et-Moselle), le bar-tabac a dû revoir toute son organisation. Avec une employée en chômage partiel, la buraliste a réduit ses horaires. Par mesure de sécurité, les destinataires des colis entreposés peuvent encore les récupérer, mais tous les dépôts de colis (retour enseignes, Vinted, Le bon coin, envoi de colis entre particuliers, etc.) sont désormais refusés.

D’autres services sont maintenus : retrait bancaire via le service Cashback, retrait espèces Point Vert (pour le Crédit Agricole), compte Nickel, recharges de téléphone et internet, vente de piles, etc. Dès mardi, elle a pris l’initiative de mettre gratuitement à disposition des attestations de déplacement dérogatoire (L’Est Républicain).

•• À Sennecey-le-Grand (à 17 kilomètres de Chalon-sur-Saône), plus besoin d’ouvrir la porte du tabac-presse, elle reste grande ouverte tous les matins pour éviter aux clients de toucher la poignée. Derrière le comptoir, à côté de l’écran diffusant les messages du Gouvernement sur le virus, on aperçoit le regard de Sandrine entre ses cheveux et son masque. « On est encore ouverts. C’est au jour le jour … » assure la buraliste.

« On est une nécessité à cause du tabac. Les gens ne peuvent pas arrêter comme ça. Mais les clients passent aussi pour prendre la presse. Ils ont besoin de lecture pour s’occuper. Il y a aussi ceux qui ont besoin de photocopies et aussi de jeux à gratter et du loto. » « On s’est adaptés en ouvrant de 6 heures à midi, en poussant parfois jusqu’à 13 heures  » (Le Journal de Saône-et-Loire).

•• Depuis quelques jours, « on se sent envahi par un sentiment d’abandon. C’est tout à fait normal que le personnel soignant soit prioritaire. Mais les commerçants ont dû acheter leurs gants et masques eux-mêmes, lorsque ces derniers sont pratiquement introuvables » déplore la responsable d’un tabac-presse à Grenoble (Isère).

D’autant que le président des buralistes du département – Thierry Meyronin – a insisté sur les consignes : « il faut réduire le nombre de clients dans le lieu de vente, personne ne doit y stationner plus que nécessaire et une ligne de courtoisie doit être instaurée. Il en va de la sécurité des vendeurs, mais aussi des clients » (Le Progrès).

•• « Je vends actuellement surtout de la presse pour enfants et de la presse multi-jeux » résume le patron d’un tabac-presse à Villefranche-sur-Saône (à 30 kilomètres de Lyon, Rhône). Si les clients sont venus très nombreux,  lundi et mardi dernier, pour faire en particulier des provisions de cigarettes, les ventes ont baissé, les personnes âgées ne se déplaçant plus, notamment.

« Les gens respectent bien les distances entre eux, ils ne sont pas agressifs, mais ils sont inquiets et stressés pour l’avenir. Ils aimeraient bien savoir quand tout cela s’arrêtera. » Sa priorité, étant seul à ouvrir dans la rue avec la pharmacie,  « respecter les consignes, garder le moral et j’essaie d’être encore plus jovial et convivial avec mes clients ! » (Le Progrès).