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4 Avr 2020 | Profession
 

Épisode 17 de notre revue de presse quotidienne des buralistes (voir 3 et 2 avril), avec un focus sur les communes rurales. 

•• La polyvalence est de mise dans ce petit établissement de Saint-Manvieu-Bocage (à 9 kilomètres de Vire, Calvados) qui propose – en temps ordinaire- bar, restaurant ( désormais  fermés ) tabac, jeux, presse, gaz et épicerie (encore ouverts).

« L’épicerie trouve un second souffle avec le confinement mais ce n’était pas mon activité principale. De nouveaux clients apparaissent pour l’alimentaire grâce à la proximité que nous offrons. Cela reste cependant limité, car le succès ici repose beaucoup sur les gens de passage ». 

Les fumeurs de proximité savent pouvoir se ravitailler : « c’est sûr, c’est une occasion de montrer que nous avons une utilité certaine sur les territoires ruraux. Il faudrait maintenant que les habitants se souviennent que l’on existe, toute l’année … ».

« Notre chiffre a baissé de 70 % ces deux dernières semaines, je prévois déjà de ne dégager aucun salaire en avril » calcule-t-il, pensant pouvoir mettre suffisamment de côté pour payer les charges. Le propriétaire des murs a prévenu en début de semaine qu’il lui offrait le loyer pour avril (Ouest-France).

•• À Bagnères-de-Bigorre (à 20 kilomètres de Lourdes, Hautes-Pyrénées), les buralistes restent à pied d’œuvre, tout en adaptant les horaires aux mesures de confinement et en adoptant les gestes barrières, avec protection en plexiglas ou en film plastique pour les uns, masques et gants pour d’autres. Et une affluence variable.

« Nous avons eu un rush sur le tabac, la veille du confinement, mais dès le mercredi, ça a été divisé par trois. J’étais obligé de refuser des commandes ce qui a des conséquences graves sur la trésorerie. On enregistre une baisse de 90 % sur les jeux de grattage et une baisse de 50 % de notre chiffre d’affaires global  » témoigne un buraliste, non sans déplorer que « les gens ne respectent ni le sens de circulation, ni le marquage au sol ».

« On a une petite baisse de fréquentation, mais on est surpris du peu de demande pour les jeux, et notamment le Loto  » indique un confrère (La République des Pyrénées).

•• La porte du bar-tabac multiservices de Tribehou (540 habitants, près de Saint-Lô, Manche) est toujours ouverte. Du moins celle de la partie tabac, alimentation, La Poste, Crédit agricole, dépôt de pain, journaux et magazine.

« Pour être honnête, ici, les gens viennent d’abord pour l’alcool et le tabac » raconte la buraliste. « C’était la grosse folie sur le tabac, pendant quatre jours, puis c’est redevenu normal ». La partie alimentation, elle, n’a pas vraiment été impactée : « on reste une épicerie de dépannage, les gens vont dans les grandes surfaces pour faire leurs courses ».

Elle et son mari ne portent pas de masque, ni de gants : « il n’y a pas trop de psychose, ici, les gens attendent dehors par eux-mêmes, quand il y a du monde à l’intérieur, et ils gardent leurs distances ».

Ont-ils pensé à fermer boutique temporairement ? « Non. On s’est dit qu’on avait la chance de pouvoir continuer à travailler et, pour être honnête, on est le pilier de la commune. Si on ferme, il n’y a plus rien ». Un homme entre, client régulier, il repart avec une bouteille de vin rosé. (Ouest-France).

•• Ce mois de janvier, un buraliste-cafetier-restaurateur de Charleville-Mézières (Ardennes) pouvait servir plusieurs centaines de cafés par jour au bar, des litres de bière, et soixante couverts à midi, du lundi au samedi.  Le bar est dans le noir désormais : « on a été obligé de faire une barrière pour que les gens ne viennent pas s’installer sur les tables ! » précise-t-il.

Devant la porte côté tabac, une file d’attente est installée, les allers-venues étant bien matérialisées. Cependant, « nous, on a une grosse part du chiffre d’affaires sur le bar et le restaurant. C’est 65 % en restauration, et seulement 35 % en tabac-presse. Ça génère moins de revenu, mais ça attire le client ».

Avant, les clients allaient au moins cher, en Belgique, maintenant, ils prennent leur tabac ici. « Ça aide quand même mais ça ne compense pas la fermeture du bar-restaurant. D’ailleurs, vous le voyez, une personne suffit pour servir … moi ».

Un confrère, dont le rideau de fer bar est baissé, est plus optimiste : « côté tabac, c’est énorme chez nous !  Je plains surtout les collègues qui ont uniquement un bar. Là, c’est grave » (France 3 Grand Est).

•• Même s’il a adapté ses horaires et réduit son activité en fermant temporairement son bar, à Ronchin à 5 kilomètres de Lille, Nord) voit passer plus de trois cents clients chaque jour.

Une affluence qui permet de limiter la casse financière : des gens du quartier à qui ils rendent service en prenant leur courrier, des personnes qui retrouvent le temps de la lecture de la presse, de jouer aux mots croisés, de gratter un ticket de jeu : « ce sont des habitués à 95 % », précise le patron.

De nouvelles têtes aussi avec la fermeture de la frontière belge : « nos commandes ont augmenté de 50 %. Nous avions prévu du stock mais nous sommes tombés à court de pots lundi soir. Ça n’arrivait jamais avant. Heureusement, nous avons été livrés ce mercredi ! » (La Voix du Nord)