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11 Avr 2020 | Profession
 

Épisode 25 de notre revue de presse régionale de témoignages de buralistes (voir 10 et 9 avril).

•• Selon la Seita, le département de l’Ain a enregistré une hausse des ventes de paquets de cigarettes de 24 %, voire de 30 à 47 % pour le tabac à rouler.

Cette tendance, Christian Muret (président des buralistes du département et buraliste à Maillat, à 10 kilomètres de Nantua) peut en témoigner. Il vend 1 000 euros de tabac en plus chaque jour.

« Dans mon secteur où tous les buralistes sont ouverts, la différence journalière est donc énorme » assure-t-il. « Certains clients ne me prenaient qu’un ou deux paquets de cigarettes avant le confinement, alors que c’était de grands fumeurs. Maintenant, ils m’achètent des cartouches entières ».

Pour Christian Muret, cela ne fait aucun doute : il récupère une clientèle de proximité qui avait pris l’habitude de se fournir à l’étranger. En Suisse, le tabac à rouler est deux fois moins cher et le paquet de cigarettes le plus vendu est à 8 euros (France Bleu).

•• À Lunéville (Moselle), la hausse des ventes de tabac est conséquente. « De l’ordre de 20 à 30 %. Les raisons sont multiples, avec notamment l’arrêt de l’approvisionnement au Luxembourg » assure le patron d’un tabac-presse.

Par contre, les jeux de grattage connaissent une chute vertigineuse, « avec une baisse de plus de 70 % du chiffre d’affaires en temps normal. De nombreux joueurs se sont tournés vers le site numérique de la Française des jeux ». Et comme toutes les courses hippiques sont interdites en France, « le PMU est totalement à l’arrêt. Alors, même si nous tentons de nous adapter aux circonstances, la situation économique est plus que délicate ».

Après des débuts difficiles, le buraliste se félicite désormais du comportement de la clientèle qui respecte les consignes : à savoir pas plus de deux personnes dans le magasin, respect des distances sanitaires, favoriser le paiement par CB, pas de grattage des jeux dans l’établissement … (L’Est Républicain).

•• Un couple qui a repris, en janvier dernier, le bar-tabac-presse de Hauteville-sur-Mer ( à 9 kilomètres de Coutances, Manche) tente de garder son optimisme malgré la crise sanitaire : « pendant deux mois et demi, nos résultats commerciaux ont déjà été au-delà de nos espérances ».

L’établissement est, désormais, ouvert tous les jours et vend le pain fourni par la boulangerie. Ils ont même ajouté une offre de chocolats pour Pâques (La Manche Libre).

•• Fermé depuis le début du confinement, le bar-tabac-presse de Vesly (Eure / entre Gisors et Vernon) a ré-ouvert ses portes avec, désormais, plus de services de proximité.

« Nous étions angoissés de choper cette maladie. Nous n’avions pas de gel hydro-alcoolique et pas de masque de protection » explique la buraliste, « mais les gens sont aujourd’hui plus disciplinés qu’à l’époque où nous avions fermé ».

En plus du tabac et de la presse ou encore de la délivrance de carte grise, l’établissement compte désormais un point de retrait de commandes passées auprès de producteurs locaux ou de commerçants. « J’ai lancé un appel sur ma page Facebook et j’ai proposé à plusieurs producteurs de proposer à leurs clients de récupérer leurs produits directement au bar-tabac. J’ai fait la même chose avec des commerçants comme un magasin de jouets à Gisors » (actu.fr).

•• « Depuis le 17 mars, nous fermons boutique à 12 h 30. Mais, le volume de notre clientèle a augmenté » explique la buraliste de Dangé-Saint-Romain, près de Châtellerault (Vienne).

« Je pense que depuis le confinement, ceux ne pouvant aller au travail sur Châtellerault viennent maintenant acheter leurs cigarettes chez moi. Je ne déplore qu’une perte de 10 % sur mon chiffre d’affaire alors que mes horaires d’ouverture ont été réduits de 35 % ». Le tabac-presse s’est organisé pour maintenir les gestes barrières (La Nouvelle République).

•• Son épouse étant suspectée d’avoir contractée le Covid-19, ce buraliste de Trélazé (jouxtant Angers, Maine-et-Loire) a dû fermer deux semaines. Ré-ouvert, il s’est organisé comme ses collègues : « on fait marcher les réseaux et c’est la débrouille.

« Une nappe en plastique m’a été donnée par une grande surface et mon comptoir est protégé. Les clients comprennent et appliquent les consignes : une personne à la fois dans la boutique et paiement sans contact. Les trois-quarts portent un masque. Philip Morris doit nous livrer un kit : protection en plexiglas, gants et ruban adhésif pour marquer les distances. 

« L’après-midi, cela ne sert à rien de rester ouvert et, de plus, je commençais à voir des clients venir trois ou quatre fois juste pour un ticket à gratter. Les gens doivent rester chez eux le plus possible … On commence à sentir de l’irritabilité parmi la clientèle : beaucoup en ont marre d’être enfermés. Mais on n’a pas le choix » (Ouest-France).