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7 Avr 2020 | Profession
 

Tension sur les paquets de cigarettes, inquiétude économique, nouveaux services de solidarité … Ainsi démarre cette quatrième semaine de confinement pour les buralistes. Acte 20 de notre revue de presse des témoignages en région (voir 6 et 5 avril).

•• « On revoit des gens qu’on ne voyait plus depuis des années, et d’ autres que l’on n’avait jamais vus mais que l’on voit tousser … quand ils découvrent les prix » décrit Hervé Regnault, buraliste à Strasbourg (Bas-Rhin), qui vend en ce moment des pots et blagues de tabac dans des quantités quasiment inédites, souvent par quatre ou cinq, pour des factures tournant autour de 150 euros.

• Ce seul lundi matin, le président de la fédération des buralistes d’Alsace-Moselle Thierry Lefebvre a quant à lui vendu pas moins de 30 cartouches : « je n’en vends quasiment jamais en temps normal ».

• Outre la demande de tabac, le buraliste strasbourgeois note une augmentation des ventes de presse. Et d’autres produits, a priori plus anecdotiques, qui viennent « dépanner les clients » : chargeurs de téléphones, recharges de cigarettes électroniques, piles … les consommateurs reportent certains achats sur les buralistes.

Il fait part des « tensions en magasins » à cause de ruptures de stocks sur certaines marques de cigarettes et une inquiétude générale, tant chez les buralistes que chez leurs clients. « On m’a réclamé de l’essuie-tout pour « nettoyer » des billets » raconte par exemple Hervé Regnault(Dernières Nouvelles d’Alsace).

•• Jean-Michel Quintin – président des buralistes du Tarn et installé à Albi – a mis en place de nouveaux services à la population via ses collègues . Objectif : limiter le déplacement des gens en étant solidaires.

« Nous avons réussi à signer une convention avec la municipalité. Nous avons la chance de faire partie des commerces qui peuvent rester ouverts malgré le confinement. En proposant ces nouveaux services, on veut nous aussi être solidaire en ces temps de crise. Mais l’objectif premier, c’est de limiter la circulation des habitants.

« Ils vont pouvoir trouver à côté de chez eux, des sacs de tri sélectif, des autorisations de déplacement, des devoirs que les enseignants nous envoient et que l’on imprime gratuitement. Ce service est très important dans nos quartiers ». Auxquels s’ajoutent le retrait des livraisons alimentaires ou de première nécessité en circuit court, ainsi que la vente de timbres afin de remédier à la fermeture de certains bureaux de poste (La Dépêche du Midi).

•• Installé depuis de nombreuses années à Vineuil (à une dizaine de kilomètres de Châteauroux, Indre), le patron d’un bar-tabac s’inquiète : « c’est une catastrophe pour nous les petits commerçants. Pour nous, buralistes, c’est déjà assez compliqué mais là … Depuis 22 ans, nous avons développé notre petit commerce de proximité en élargissant nos offres. Notre commerce a démarré en 1998 avec le bar-tabac; un espace loto en 2006; en 2009 la carterie; en 2013 le PMU; en 2016 la Nouvelle République; le portage en 2017; la presse en 2018 et le relais Poste en 2019 … ».

Cette année, c’est avec beaucoup de déception qu’une célèbre course locale a été annulée dont l’originalité était la traversée de l’établissement. « Nous ne baissons pas les bras, nous tiendrons jusqu’au bout pour notre village et pour nous. Nous avons néanmoins modifié nos horaires » (La Nouvelle République).

•• Depuis le début du confinement, une buraliste à Meynes (à 20 kilomètres de Nîmes, Gard) a constaté une augmentation significative des ventes de cigarettes : « il ne faut pas se voiler la face, la fermeture des frontières y est pour beaucoup. Lorsque je passe ma commande, je ne dois pas me tromper si je ne veux pas être à court, car je suis livrée que tous les quinze jours. »

Même si elle reconnaît que c’est une période « lourde psychologiquement pour tout le monde », elle est ravie d’accueillir ses clients et leur faire rapidement un brin de causette, lorsque cela est possible, car « je n’arrête pas, c’est un défilé incessant. Je n’ai pas cinq minutes pour moi. Et lorsque je ferme le magasin à12h30, il me faut encore tout désinfecter avant de partir ».

Elle a tout mis en place pour respecter les consignes de sécurité : « je viens d’investir, sur mes propres deniers, dans un panneau en plexiglas sur le comptoir et du gel hydroalcoolique » (Midi Libre).

•• « Dès le lendemain du confinement, nous avons constaté une baisse importante de la clientèle, due à la localisation du magasin, qui drainait une forte clientèle de passage » confie  le patron d’un tabac-presse à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire).

« J’enregistre une baisse générale d’environ 40 %, c’est énorme. Dans le détail, ça se traduit par une baisse de 50 % pour la FDJ, 100 % pour le PMU et 20 % pour le tabac ».

En revanche, « je vends davantage de mots fléchés, mots croisés, magazines et presse en général. De même, la vente de pains en dépôt est en hausse. Avant, je vendais environ 10 pains par jour, et depuis le confinement, c’est plutôt 20 à 25 par jour. Je pense que les gens, soucieux de limiter les risques de propagation du virus, concentrent leurs achats dans un même lieu ».

« Les gens sont plus attentifs entre eux et envers moi. Certains ont eu des paroles et des gestes pour me témoigner leur reconnaissance. L’un m’a apporté des gants de son garage parce que la veille, il a vu que les miens se sont déchirés ; une infirmière m’a donné 2 ou 3 masques … 

Ces gestes et ces paroles me touchent beaucoup parce que ça prouve qu’il y a des gens généreux, et je me dis que je ne travaille pas pour rien, que je suis utile à mes clients » (Info Chalon.com).