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24 Mar 2020 | Profession
 

Épisode 6 de notre revue de presse régionale (voir 181921, 22 et 23 mars). Mots d’ordre : ouvrir pour rendre service, ne pas laisser tomber quand les choses deviennent difficiles.

•• « Oui, il y a moins de passage désormais » explique l’employée d’un bar-tabac-presse à Vesoul (Haute-Saône) « mais les gens achètent plus en revanche. On repart avec quatre paquets de cigarettes au lieu d’un ». Au fil des entrées, elle a un petit mot pour chacun. « Des clients que l’on connaît bien, ça fait aussi mal de savoir que la situation va durer encore et on ne sait pas combien de temps … ».

Malgré la fermeture du bar et du PMU, « on a encore pas mal de passages malgré tout » explique le patron. « Depuis une semaine, les habitudes d’achat de nos clients ont effectivement changé. Le panier caisse est plus élevé en moyenne mais les produits sont répartis différemment. Les jeux de grattage sont en forte baisse. On voit bien que les gens vont désormais à l’essentiel ».

Et de remarquer un report sur la presse, revues et magazines, « mais surtout sur les produits de vapotage, les gens sont confinés chez eux et passent le temps comme ils peuvent. »

Côté organisation, au sol de l’espace tabac-presse, des bandes tous les mètres rappellent les distances barrières, l’employée travaille avec des gants latex sensitifs derrière une bâche translucide et le buraliste porte un masque « que je fais venir de Finlande … On n’en trouve plus ici … ».

L’équipe essaie aussi de garder le moral : « on sait que c’est parti pour durer. Un mois et demi, peut-être plus … C’est sûr qu’il va y avoir des dégâts économiques terribles derrière » (L’Est Républicain).

•• Dès la mise en place de l’attestation de déplacement dérogatoire, un buraliste de Sorgues (Vaucluse) a pensé en priorité aux personnes âgées qui, pour la plupart, n’ont pas d’ordinateur donc pas d’imprimante.

« D’habitude, nous faisons la vente de photocopies à 30 centimes la photocopie, je me suis dit que certains clients risquaient d’être embêtés financièrement et qu’il fallait faire un geste citoyen. J’ai donc pris la décision d’offrir toutes les photocopies d’attestation à tous les    clients ». Suite à une vidéo publiée sur les réseaux sociaux concernant ce geste, la mairie lui a apporté une aide logistique avec des rames de papier.

« Je me suis demandé ce que je pouvais faire en plus. Le lendemain j’ai pris la décision d’offrir également toutes les photocopies pour les devoirs des enfants. À ce jour, j’ai déjà reçu une cinquantaine de mails avec des pièces jointes. Lorsque tout est prêt, je contacte la personne qui peut venir récupérer ses documents quand elle veut ».

Le buraliste a poussé un coup de gueule, toujours sur les réseaux sociaux, contre ceux qui viennent plusieurs fois par jour acheter des tickets de grattage : « mais pour le moment, il n’y a pas de restrictions » (Le Dauphiné Libéré).

•• À Châlons-en Champagne (Marne), un buraliste a décidé de faire dépôt de pain les jours de fermeture des boulangeries du quartier. Ceci afin d’assurer une continuité de service et d’éviter aux clients des trajets piétons plus longs.

Autre coup de pouce : la distribution d’attestation de déplacement dérogatoire (L’Union).

••  « Si on respecte bien les consignes, de garder des distances et de se laver les mains régulièrement, je pense que ça va » assure un buraliste de Tonneins (Lot-et-Garonne).

Pour lui, pas question de fermer, « on reste un lien avec la population. On voit moins de monde, c’est normal, mais on est là pour les gens qui ont besoin de pain, ils le réservent parce qu’ils ne viennent pas tous les jours, pour ceux qui ont besoin de fumer ou d’acheter le journal …c’est important » (Le Républicain).

•• Samedi matin, le patron d’un bar-tabac-presse à Nîmes (Gard) attendait le client, bien rare, assis sur une chaise à l’extérieur. Il est seul aux commandes depuis la fermeture de la partie bar et restaurant. « Financièrement, ça ne sert rien que je reste ouvert. On ne voit presque plus aucun client. L’activité a baissé de 70 ou 80 %. Mais on rend service ».

Les fumeurs sont bien moins nombreux que d’ordinaire : « ils ont anticipé, ils ont fait des stocks en achetant des cartouches. Mais ça ne va pas durer … » .

Pour un collègue du centre-ville, « on prend pas mal de risques ,mais on doit être fidèle aux clients, c’est important qu’ils puissent avoir leur quotidien. Et nos amis fumeurs, sans leurs cigarettes, je ne vois pas comment ils pourraient faire sans nous … ». Mais les sourires sont peu fréquents : « tout le monde est agacé, triste et stressé ».

•• « Je suis dans un village de 4 000 habitants dans la Marne et nous sommes deux buralistes dans le village. En ce qui me concerne, j’ai fait le choix de rester ouvert malgré tous ces problèmes » assure avec détermination une buraliste à Montmirail (à l’extrême sud-est du département).

« Je considère que du fait que je vends des cigarettes et autres produits annexes à mes clients toute l’année, je n’ai pas le droit de les laisser tomber quand les choses deviennent difficiles.»

« Mon affaire me fait vivre depuis plus de six ans et ceci est dû non seulement à mon travail, mais aussi à mes clients qui me nourrissent depuis le début. Je ne les laisserais pas sans tabac, sans timbres, ! Non, c’est plus fort que moi.

On connaît tous la force de ce produit phare qu’est le tabac, et les abandonner lors de cette période difficile pour tous est inimaginable pour moi et à l’encontre de mon engagement envers cette profession. C’est comme ça, et je suis persuadée que je ne suis pas la seule. »

« Nous prenons nos précautions aussi maigres soient-elles … Mais j’ai confiance, car j’ai toujours l’envie, maintenant plus que jamais … À la fin de cette merde, les clients se souviendront des guerriers qui sont restés ouverts pour les servir… ».

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