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8 Mai 2020 | Profession
 

Épisode 51 de notre revue de presse des témoignages de buralistes à travers les régions (voir 7, 6 et 5 mai).

•• Dans la Somme, les premières livraisons sont arrivées en début de semaine et ont aussitôt été mises en vente. « J’ai reçu un millier de masques lavables lundi » assure le président des buralistes de la Somme, Philippe Laveau, « je n’ai pas tout vendu, mais ça ne saurait tarder ! Je suis arrivé à 100 ventes en 48 heures. »

Selon Philippe Laveau, il n’y a « pas de ruée » mais la demande est très forte. Pour l’instant, il n’a donc pas imposé de limite de vente : « je n’ai pas eu besoin de la faire, car le maximum qu’on m’ait demandé, c’est 10 masques en même temps, et c’était pour une famille de quatre personnes. Si demain on m’en demande 20, 30 ou 40, je stopperai ».

De nombreux buralistes du département ont commandé des masques, mais tous n’ont pas encore été servis : « les derniers sont en train d’être livrés. Une autre fournée sera disponible dans les jours qui viennent ».

Pour Philippe Laveau, en vendant ces masques , les buralistes « sont tout à fait à leur place ». Et de souligner : « on est aussi proche de la population, car nous sommes souvent présents dans les petites communes, même celles de 200 ou 300 habitants ».

« On ne peut pas le nier, la vente de masques reste une activité commerciale. Mais on a quand même acheté des produits fabriqués en France avec un prix de revient industriel français. Donc la marge n’est pas forcément celle qu’on pourrait imaginer. Le prix de vente ne fait pas la marge  » (France Bleu Somme).

•• Dès le 19 mars, le bar-tabac-presse de Pencran (1 940 habitants, 30 kilomètres de Brest) a opté pour la vente à emporter et propose une large gamme de services : primeurs, dépôt de pain, petite épicerie et, tous les midis, restauration rapide, dessert maison et boissons…

Avant le confinement, une centaine de couverts était servie. À ce jour, c’est autour d’une quarantaine. Les artisans, les entreprises en activité et des particuliers ont confirmé leur fidélité. L’approvisionnement en denrées et fournitures reste local.

Les quatre salariés ont été mis en chômage partiel. Les crédits bancaires sont reportés de six mois et la trésorerie assurée pour deux mois : « Mais à l’avenir, la situation risque d’être compliquée » assure Walter Munier  (Le Télégramme).

•• Ce buraliste de Cosne-sur-Loire (10 000 habitants, au nord de la Nièvre) a sans doute moins souffert du confinement que ses collègues.

Il y a quelques jours, il comptabilisait autour de 750 clients dans la journée, presque autant qu’avant le confinement. Il a enregistré une augmentation de 30 % de la vente de tabac et voit revenir des gens qui ne venaient plus et qui se fournissaient en tabac par d’autres biais.

Il sait qu’autour de lui, ses collègues commerçants n’ont pas eu la même chance, la même capacité à tenir bon face à une crise qu’on n’attendait pas. Il a mis sur pied le plan lui semblant le plus efficace pour leur venir en aide : des cagnottes mises à disposition de la population, chez lui et dans tous les magasins ouverts. Il met lui-même 5 euros par jour dans celle de son établissement,  « jusqu’à ce que tous les commerces soient rouverts ».

Pour l’heure, quinze cagnottes sont installées dans les boulangeries, bureaux de tabacs, pharmacies et épiceries afin qu’un véritable élan de solidarité soit ainsi créé (Le Journal du Centre).

•• Bar-tabac-presse-restaurant … l’unique commerce du village de La Baussaine (654 habitants, entre Rennes et Dinan) a dû s’adapter aux mesures de confinement qui touchent une bonne partie de son activité.

« Les deux premières semaines, j’ai tout fermé. Pas pour autant des vacances puisque j’avais des travaux à faire dans la cuisine » explique le patron.

Et puis, il a rouvert le tabac et le dépôt de pain. « Évidemment, pas question de bar et de restaurant. J’ai décidé de faire un site internet. Et le maire m’a incité à développer et à proposer des plats à emporter. Je vends également divers produits comme la bière de La Baussaine, la Nautica ».

Le plat du jour connaît un gros succès : « pour le couscous et la paella, je limite à 80 parts. Quand c’est de la raie, j’en fais 12 kilos ». Globalement, le chiffre d’affaires a baissé, mais le buraliste limite les coûts. Il travaille tout seul actuellement.

Il a aussi développé l’épicerie de proximité, en formule drive, avec commande sur son site. Fruits et légumes, charcuterie, produits de marée, pain bio ainsi que des croquettes pour animaux : « je n’en reviens pas, je vends deux ou trois sacs de 20 kilos chaque jour ! ». Le dépôt de pain a doublé son volume : « les gens ont changé un peu leurs habitudes, j’espère que ça continuera après ! » (Ouest France).