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13 Avr 2020 | Profession
 

Épisode 27 de notre revue de presse régionale des témoignages de buralistes (voir 11 et 12 avril).

•• Depuis le début du confinement, ce buraliste de Rosendaël (agglomération de Dunkerque, Nord) se fait « dévaliser » comme beaucoup de ses collègues alentours. « En volume, on vend largement plus du double de tabac qu’en période normale … Clairement, ça veut dire que plus de la moitié des Dunkerquois vont se fournir en Belgique ».

Cet afflux de clients leur pose aussi un gros problème d’approvisionnement. « J’avais un peu de stock et je suis livré tous les quinze jours. J’ai restreint mes horaires d’ouverture. Si j’étais ouvert toute la journée, je ne tiendrais pas longtemps » poursuit-il. Pour l’instant, il n’a pas eu le courage de se rendre au centre de dépannage d’Auby, près de Douai.

Le patron d’un patron bar-tabac y est allé . « Quand j’appelle le Centre de Réapprovisionnement et qu’on me dit qu’il y a déjà une centaine de personnes qui font la queue et qu’elles vont rester une partie de la nuit … Eh bien je suis allé à Rouen » où existe un autre Centre.

« Je me suis levé à 4 heures du matin pour aller là-bas. Une fois là-bas, on m’a dit cinq cartons au maximum. Là, j’ai râlé parce que ça fait quand même un voyage de 500 kilomètres aller-retour. J’ai pu négocier un peu pour avoir plus de pots de tabac. Je suis revenu à Dunkerque vers 13 heures ». Lui aussi pense vendre deux à trois fois son volume habituel en cette période de confinement.

Patrick Falewée (président de la fédération du Nord / vice-président de la Confédération), implanté à Dunkerque, se trouve lui aussi pris d’assaut. Trois fois ses ventes habituelles, selon lui. « Les gens achètent déjà en grosses quantités en Belgique. Ça peut créer une habitude de consommation démesurée, surtout sur les cigarettes à fabriquer soi-même. Du coup, on se retrouve à vendre en sur-quantité des filtres, du papier, des tubes ».

Lui aussi a dû se ravitailler à Auby et attendre de longues heures : « ils ont ouvert la grille, on était déjà cent. On est servis dans l’ordre d’arrivée et limités en volume. Il y en a qui ont fait des kilomètres pour repartir à vide ».

« J’ai demandé au préfet du Nord de sécuriser nos points de vente, que la police surveille nos commerces … Un carton de cartouches de cigarettes, c’est 2 500 euros. Et c’est pas volumineux » (La Voix du Nord).

•• « On gère le magasin à deux » indique le patron d’un tabac-presse d’Aubenas (à 30 kilomètres de Privas, Ardèche).

« Un à la caisse et un autre à l’accueil pour faire patienter les clients. Ils réagissent bien du moment qu’on est là pour gérer la file d’attente ». Dans les rayons, le buraliste et son employé veillent à ce que les clients ne feuillettent pas les magazines.

Il a noté une baisse de 50 % des opérations par jour : « on va s’accrocher » positive-t-il. Repris en 2016, l’établissement a été entièrement rénové en décembre 2019. Métamorphosé en « drugstore » (snacking, boissons, piles, bonbons …), « l’équivalent du Dépanneur au Québec », explique-t-il dans une imitation d’accent canadien.

« Pour moi, l’après Covid-19, ça consistera à effectuer des travaux et repartir au mieux avec

•• La partie bar est fermée mais l’écran au fond diffuse toujours des clips que personne ne regarde, et pour cause … Ce bar-tabac de Morcenx (à 40 kilomètres de Mont-de-Marsan, Landes) reste ouvert, même s’il tourne au ralenti.

« Ils sont moins nombreux à venir, moins nombreux à acheter des jeux à gratter. Certains prennent quand même un petit café à emporter qu’ils consomment à l’extérieur, sans s’attarder. Mais tous respectent les consignes de sécurité sanitaire. Nous avons d’ailleurs installé une cloison en plastique transparent devant la caisse » décrit la patronne.

Une habituée s’avance et désigne à demi-mots un paquet de cigarettes, règle et repart sans demander son reste : « ça aussi c’est étonnant. Les gens parlent très peu, même ceux que l’on connaît bien, comme si le confinement concernait aussi la parole ! » (Sud-Ouest).

•• « J’ai perdu mes activités colis, bar, Française des jeux, PMU et accessoires de pêche. Seuls la presse et le tabac sont toujours là » déplore un buraliste à Bazeilles (à 20 kilomètres de Charleville-Mézières, Ardennes). « J’ai modifié les horaires d’ouverture qui sont désormais de 7 à 17 heures et je suis ouvert ce lundi de Pâques, ce qui n’est pas le cas habituellement. »

Pendant ce temps, un client achète une cartouche de cigarettes, avouant venir rarement … Bouillon, en Belgique, est à 17 kilomètres. « Plus de 50 % de vente en plus de tabac. Je n’ai jamais vu ça depuis cinq ans et demi que je suis installé ».

Revers de la médaille, il ne peut pas se réapprovisionner. Livré tous les 15 jours, il lui manquera quatre ou cinq jours pour satisfaire la demande : « j’ai bien tenté de me faire dépanner. Je me suis évidemment renseigné mais il faut aller sur Reims et les stocks sont pris d’assaut. On n’est pas du tout sûr d’être servi. » (L’Ardennais).