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22 Avr 2020 | Profession
 

Épisode 35 de notre revue de presse des témoignages de buralistes dans les régions (voir 21, 20 et 19 avril).

•• Plusieurs de ses confrères sont fermés ou à mi-temps dans un rayon de 15 kilomètres … « Je travaille donc pour trois. Il y a bien sûr la vente de tabac, mais aussi toute la presse, la vente de timbres qui aide aussi beaucoup à l’heure où les bureaux de poste ne sont pas ouverts régulièrement » déclare la buraliste d’un tabac-presse à Miélan (1 130 habitants, à l’extrême sud du Gers).

« J’ai déjà des clients dès l’ouverture. Puis non-stop : ça n’arrête plus jusqu’à midi et demi. Parfois, c’est très difficile quand une personne arrive tôt le matin en pleurs … panique … peur d’attraper le Covid. Une autre fois, c’était une personne qui était sortie de l’hôpital, très marquée par les soins.

« Je joue un rôle social. Le fait de parler un peu avec ces personnes seules, j’ai l’impression qu’elles repartent soulagées d’avoir eu quelqu’un qui les écoute. J’ai beaucoup de clients qui me remercient d’être présente, certains arrivent parfois avec un bouquet de fleurs de leur jardin, j’avoue que ça me fait du bien, ça me remonte le moral » (La Dépêche.fr).

•• Dès le premier jour du confinement, le buraliste d’un tabac-presse à Portes-lès-Valence (10 000 habitants, près de Valence) n’a pas hésité à interdire l’accès à sa clientèle … Enfin, pas complètement puisqu’il continue, désormais avec deux employés, à la servir.

Derrière sa caisse en plexiglas, il prend les commandes et va chercher les produits. « Certains clients me donnent une liste » ajoute-t-il.

Malgré la fatigue des semaines, « on garde la banane … Il faut aussi savoir répondre aux nombreux parents qui viennent faire imprimer les devoirs. Une dizaine par jour en moyenne » (Le Dauphiné Libéré).

•• La vente de tabac est devenue l’activité principale d’un bar-tabac à Ploërmel (9 500 habitants, à l’ouest du Morbihan).

Malgré une baisse de fréquentation, l’établissement a la chance d’être sur un axe « où il y a pas mal de passage ». Pour ce qui est des jeux, la buraliste remarque que de plus en plus de clients jouent sur les sites de jeux en ligne. Interrogations : « vont-ils revenir consommer de la même manière au bar ? Vont-ils revenir en nombre ? On ne sait pas. »

Idem pour la future reprise d’activité avec des mesures barrières et des limitations : « cela semble compliqué à mettre en place au sein du bar. Si on commence à interdire certaines personnes, elles ne viendront plus. » En attendant, les buralistes font les travaux qu’ils n’ont pas le temps d’effectuer en période normale : toilettes, quelques coups de peinture … (actu.fr).

•• Régulièrement, plusieurs personnes font la queue devant ce tabac-presse d’Abbeville (23 000 habitants, à 20 kilomètres de la baie de Somme). La vente de tabac, même si elle n’arrive pas à compenser les pertes dues à l’absence de Loto sportif et la baisse des ventes de journaux, participe à limiter la casse. « Ça nous fait du bien. Dans les petites campagnes de moins de 500 habitants, les collègues n’ont jamais fait des chiffres pareils. Ça leur permet de respirer alors que le bar est fermé » estime le buraliste.

« Les gens ne peuvent pas se rendre à l’étranger, donc ils achètent ici … Ceux qui n’allaient pas en Belgique se sont mis à tuber car c’est moins cher » a-t-il constaté. « Jusqu’à présent l’approvisionnement se passe bien, mais d’après les collègues il commence à y avoir par-ci par-là des ruptures de stocks ».

Pour le Loto Foot, « la perte est énorme » et le Loto c’est un peu la même chose : « avant, peu de personnes jouaient sur internet. Là beaucoup plus s’y sont mis. » (Le Journal d’Abbeville).

•• Le 12 mars, ce couple du Cantal reprenait les rênes d’un bar-tabac à Concarneau (19 000 habitants, Finistère). Le 15 mars, la partie bar a dû fermer. Néanmoins, c’est avec le sourire qu’ils accueillent leurs clients chaque jour, avec toujours un mot gentil ou une boutade.

Ils ont saisi l’opportunité d’acheter ce commerce pour garder le contact avec les gens. Pour le moment, seule la partie tabac, jeux à gratter, Loto et presse est accessible mais le couple propose aussi des boissons non alcoolisées chaudes ou froides à emporter, ainsi que des friandises. Il y a même un bar à livres pour pallier l’ennui chez soi (Le Télégramme).

•• La chambre syndicale des Hautes-Pyrénées a adressé à tous les buralistes du département un kit de protection : 40 masques, 100 gants, et deux bouteilles de gel hydroalcoolique de 500 ml chacune. « Nos commerces sont en seconde ligne dans cette crise et nous devons tout mettre en œuvre afin de protéger nos entrepreneurs » selon un communiqué des buralistes (La Dépêche.fr).