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22 Avr 2020 | Profession
 

Le Parisien.fr refait, ce 21 avril, un zoom sur les problèmes d’approvisionnement en tabac de certains buralistes.

Extraits.

•• Passée la frénésie des tout premiers jours du confinement où de nombreux accrocs à la cigarette ont fait des réserves par crainte de pénurie … « les fumeurs habituels fument peut-être un peu plus, mais ce n’est pas vraiment significatif » explique Philippe Coy.

Selon lui, ce sont essentiellement les régions frontalières qui se retrouvent en tension. En cause : nombre de fumeurs des Hauts-de-France ou du Grand Est qui avaient l’habitude d’acheter en Belgique ou au Luxembourg des pots de tabac à rouler et se les procurent désormais en France. « Les commandes pour ces produits, au conditionnement très volumineux, désorganisent les chaînes d’approvisionnement » explique-t-il.

•• Exemple. « La semaine dernière, on est arrivé au centre de réapprovisionnement lundi après-midi et on a été servi que le mardi, on a dormi dans la voiture » témoigne un buraliste d’Oisy-le-Verger (Pas-de-Calais).

« Comme les frontières sont fermées, les gens se rabattent sur le secteur. Et certains buralistes n’ouvrent plus, d’autres seulement le matin, donc c’est la cohue. Selon les cigarettes qu’on me demande, je limite à deux ou trois paquets, et je ne vends plus de cartouches. C’est un peu la galère … »

•• En dehors des régions frontalières, les situations sont très disparates. « Il n’y a aucun souci, tout va bien » à Lorient, tandis qu’un buraliste de Mérignac se dit « inquiet pour les semaines à venir. La gestion des stocks est difficile ».

Situation compliquée que confirme un buraliste de Sainte-Geneviève (Oise) : « on prend moins à chaque livraison, faute de trésorerie, on a donc besoin de se réapprovisionner plus souvent.

« Mais le Centre de Réapprovisionnement (de Saint-Denis) n’accueille que 90 personnes par jour en ce moment, on ne peut plus rentrer qu’à 9 au lieu de 15, et il faut compter entre une heure et une heure et demie pour le passage en caisse. Il n’y avait pas de Marlboro en paquet de 20, ce qui se vend pratiquement le plus, et les achats sont limités à 250 cartouches. C’est très compliqué … ».

•• Si « une marque donnée peut se retrouver en rupture, il n’y a pas de risque de ruptures de stocks sur les cigarettes en général » conclut Philippe Coy, « aujourd’hui, 85 % de notre réseau reste ouvert, avec des adaptations d’horaires très souvent. »