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23 Mar 2020 | Profession
 

Épisode 5 de notre revue de presse régionale (voir 18, 19, 21 et 22 mars), à l’issue de ce premier week-end de confinement.

•• « On fait avec, on attend les clients … » assure, patient et philosophe, un buraliste du centre de Niort (Deux-Sèvres). Ce samedi 21 mars, traditionnel jour de marché en ville, ne ressemble à aucun autre dans son tabac-presse, habituellement très fréquenté.

« Depuis mardi, je ne vois qu’un tiers de ma clientèle » estime-t-il. Il a réduit les horaires d’ouverture (ce qui est relativement compensé par le panier moyen qui a augmenté de 15 à 20 %) mais « mon chiffre a baissé de moitié. Je suis commerçant dans l’âme et je fais partie des établissements qui peuvent ouvrir. Ça m’occupe d’être là plutôt que de rester chez moi à ne rien faire ».

Les clients se tiennent désormais à bonne distance des uns des autres, grâce au marquage au sol installé par le patron, qui a également disposé du gel hydroalcoolique prêt à l’emploi pour ceux qui franchissent le pas de la porte. Le buraliste envisage aussi de mettre en place un film protecteur en plastique au niveau de la caisse.

La presse marche davantage, les cahiers de jeux décollant, notamment les mots fléchés. Sans parler des timbres, l’établissement faisant office de succursale de La Poste en ce moment … Côté tabac : « les gens ont pas mal engrangé en début de semaine. J’ai un peu rationné » (Ouest France).

•• Après une baisse significative mardi puis mercredi, les clients sont revenus dans ce tabac-presse de Besançon (Doubs). Mais avec précautions, pour la quasi-totalité.

Le buraliste a très tôt appliqué les consignes sanitaires. Au sol, du scotch marron marque les distances de sécurité à respecter et nettoyage des mains au gel hydroalcoolique entre chaque vente. « Bien sûr qu’on a peur d’être contaminé, nous aussi. On n’est pas rassuré et on se sent un peu démuni. On n’a pas de masque, pas de gant. On fait avec ».

Après le tabac, « les ventes de journaux fonctionnent aussi assez bien. Et force est de constater que nos « addicts » aux jeux à gratter sont toujours là ! ». Bémol : les paris sportifs – faute de compétitions – sont réduits à peau de chagrin. « On a fermé notre point de grattage pour éviter que les gens restent dans la boutique »

« Entre les gens, ça peut être électrique. La voix monte plus vite que d’habitude. On a des scènes de friction plusieurs fois par jour, quand une personne ne respecte pas la distance de sécurité par exemple. Nous, on calme le jeu, on fait la police » temporise le buraliste. (L’Est Républicain).

•• À l’entrée du bar-tabac-presse de Fleurbaix (à 20 kilomètres de Béthune, Pas-de-Calais), les nouveaux horaires sont clairement affichés : tous les jours de 8h à 13h.

« Les gens veulent leur journal » résume le buraliste. Et se plient aux nouvelles règles, notamment les distances de sécurité. Les surfaces de vente sont aussi régulièrement désinfectées. Les Fleurbaisiens font le plein de cigarettes,  « beaucoup de clients font des stocks », de journaux, « vendredi c’était le jour de programme télé avec La Voix du Nord, donc on a fait une grosse matinée », mais aussi des cahiers de mots fléchés ou de Sudoku.

Les gens viennent aussi pour d’autres raisons  : « vous savez, on est à la campagne ici. Pour certains, venir ici ce sera peut-être l’occasion de croiser, en respectant la distance, la seule personne de la journée pour les personnes isolées » précise une cliente. L’activité relais – colis se réduit comme peau de chagrin, mais on garde le moral et on continue de faire le lien … (La Voix du Nord).