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2 Avr 2020 | Profession
 

Dans une interview à Sud-Ouest, Philippe Coy fait le point sur la situation du réseau des buralistes – dont l’ouverture est autorisée – dans la France en confinement. Extraits. 

•• Sur l’état du réseau :  « 85 à 90% des points de vente des buralistes restent accessibles, avec des horaires adaptés, et constituent souvent localement un pool économique avec d’autres commerces pour offrir un vrai service et n’occasionner qu’un seul déplacement. 

« Près de 10 % du réseau est fermé, souvent pour des raisons personnelles, liées à des pathologies ou des risques face au Covid-19. Une partie aussi fait bar et restaurant, notamment en campagne, et c’est compliqué de rester ouvert. »

•• Buraliste, un commerce de première nécessité  ? :  « C’est une question légitime et certains ont pu être choqués … Depuis quelque temps, nous sommes devenus des commerçants d’utilité locale.

« La cigarette est un produit légal, consommé par 18 millions de Français, mais c’est un produit à addiction. Ceux qui ne peuvent pas s’en passer auraient eu une double peine si nous étions fermés. Aujourd’hui, nous sommes beaucoup plus qu’un bureau de tabac. Nous vendons du service bancaire, de la presse, nous sommes relais d’informations aussi et lien social. Une partie de la population a besoin, en ce moment, de son buraliste afin de trouver et remplir une attestation pour se déplacer, par exemple  ».

•• Sur les messages aux Français. « La Confédération a relayé dans les points de ventes les messages sanitaires et mis à la disposition du Gouvernement les 20 000 écrans de La Française des Jeux. »

•• Sur les jeux. « (…) Nous avons interrompu l’offre des jeux qui n’étaient pas adaptés, ceux où il faut rester dans les points de vente. Le jeu n’est pas forcément à incriminer, il est complémentaire à l’achat. C’est l’incivisme qu’il faut pointer, pas le jeu en lui-même. Nous venons de lancer une campagne d’affichage pour rappeler les règles en la matière ».

•• Sur la fermeture des frontières. « Nous avons donc un marché du tabac 100% territorial actuellement. Cet effet se ressent dans les commerces. Cela prouve que ce que l’on dénonce depuis 2003 est réel. La dynamique sur le territoire s’en ressent et renforce le message. La distorsion de concurrence ( sur les prix du tabac ) est néfaste à tout projet de santé, elle est néfaste à la perception des recettes fiscales et à la vitalité du réseau ainsi que du territoire ».

•• Impact sur le chiffre d’affaires moyen du Coronavirus . « Depuis le 16 mars, nous connaissons une baisse de fréquentation de 50 % mais le panier moyen de nos clients a, quant à lui, augmenté de 50 % (…) Les gens viennent moins mais achètent plus et notamment des cartouches de cigarettes plutôt que des paquets. 

« La fermeture des frontières, dans les départements frontaliers fait revenir la clientèle. Nous voyons d’anciens clients ou des personnes qui s’étonnent du prix français des cigarettes ! »

•• Quels effets sur les autres produits. « Le vapotage est compliqué notamment pour les débutants car on ne peut pas faire goûter ou accompagner le client. Pour la presse, la presse quotidienne régionale se vend très bien (…) Il y a en revanche des difficultés d’approvisionnement. La presse enfantine a été prise d’assaut comme la presse de loisirs, les jeux, les mots croisés. »