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27 Avr 2021 | Observatoire
 

Alors que cafés et restaurants sont fermés depuis fin octobre, les achats de boissons … pour consommation à domicile augmentent fortement en ce début 2021. Les Français plébiscitant autant les bières et les vins que les spiritueux selon une enquête du Parisien/ Aujourd’hui en France.

Lors du premier confinement, les Français ont stocké des pâtes, du papier toilette … mais guère d’alcool dans les grandes surfaces. Alors que les deuxième (fin octobre 2020) et troisième (avril) confinements n’ont pas eu un effet aussi négatif sur les ventes d’alcool.

Au contraire même, la fermeture des cafés et des restaurants, sans discontinuer depuis le 28 octobre 2020, a incité les Français à accroître leur consommation privée. Comme on pouvait s’y attendre.

•• « En 2020, les alcools (hors vin) vendus en grande distribution ont progressé de 5 % en volume » atteste Nicolas Léger, de l’Institut Nielsen.

Une tendance qui s’est accentuée fin 2020 — les champagnes ont bondi de 50 % à Noël à Carrefour —, et surtout début 2021 : « du 1er janvier à la mi-avril, le chiffre d’affaires des alcools a crû de 14 % » poursuit l’expert. « Au premier trimestre 2021, le champagne mais aussi les vins blancs, les bières et les spiritueux ont tous enregistré une croissance à deux chiffres » confirme Audrey Sonnendrecker, à Carrefour.

•• Cette consommation « à la maison » a-t-elle juste compensé les moments que l’on ne passe plus en terrasse ? « En 2020, pour la bière en tout cas, il y a eu grosso modo autant de litres achetés en moins dans les cafés que de litres achetés en plus en grande surface » estime Nicolas Léger. « Les Français ont, avant, tout importé leur consommation d’alcool chez eux » confirme également Joseph Bordonaro, de Kantar.

•• Avec un phénomène de « premiumisation » de la consommation : après avoir épargné l’an dernier, les Français se font plaisir et achètent des bouteilles plus chères qu’auparavant. « Les bières à deux ou trois euros la bouteille partent comme des petits pains » souligne Joseph Bordonaro. « Et à Noël, nous avons vendu beaucoup de champagne à plus de 30 euros la bouteille » renchérit Audrey Sonnendrecker de Carrefour.

•• Tous les types d’alcool sont concernés, que ce soient les bières ou les vins comme les whiskys, rhums et autres spiritueux. « N’oublions pas que dans la période actuelle, l’alcool est un anxiolytique et un antidépresseur » souligne Pascale Hébel, sociologue au Crédoc.

•• Une fois les cafés rouverts, assistera-t-on à une chute des achats de boissons alcoolisées ? Pas forcément, car certaines habitudes prises à domicile pourraient perdurer, pointent plusieurs experts. « Nous sommes dans une crise économique et le facteur financier compte : consommer chez soi revient moins cher que sortir » souligne Nicolas Léger de Nielsen, qui rappelle par ailleurs que la crise sanitaire n’est pas finie et « que certains Français n’auront pas envie de s’exposer aux microbes ».