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30 Mar 2020 | Profession
 

Avec la fermeture des frontières et les restrictions de déplacements, les fumeurs de l’Aisne ont dû changer leur fusil d’épaule. 

En effet, ils étaient nombreux à faire régulièrement le déplacement à Macquenoise (Belgique) pour faire le plein de tabac (voir 4 novembre et 14 mai 2019). Mais tous les commerces en question ont fermé depuis 8 à 10 jours. Au profit des buralistes français ? France 3 s’est posé la question.

•• Une buraliste du nord de l’Aisne semble à cran : « la question ne se pose même pas, c’est évident. On voit des clients qu’on ne voyait plus depuis 5, 6 ou même 8 ans ». Même si elle se refuse à chiffrer la hausse, elle ne voit pas cet afflux comme forcément une bonne nouvelle : « cela ne compense pas l’arrêt des autres activités ».

•• À Saint-Quentin, Jacques Héry (président des buralistes du département ) confirme : « on voit revenir des gens qu’on n’imaginait plus fumeurs. On ne va pas se frotter les mains car en ce moment il faut rendre service à la population qui en a besoin, mais les gens ont retrouvé le chemin de nos établissements ». Il évalue l’augmentation de ses ventes à 15 ou 20 %, « même si c’est difficile à chiffrer car certains débitants voisins sont fermés ».

Des buralistes qui ne rencontrent pas de grosses difficultés pour s’approvisionner comme le précise Jacques Héry : « on continue d’être approvisionnés régulièrement, même s’il y a des ruptures sur certains produits moins courants ».

•• L’augmentation des ventes n’est pour autant pas constatée partout dans le département, notamment quand on s’éloigne de la frontière. « On a eu une hausse au moment de l’annonce du confinement. Les gens avaient senti le vent, ils sont venus faire le plein. Depuis, c’est redevenu calme » raconte un buraliste à Soissons.

« Les gens vivent certainement sur leur stock. En plus, on est en fin de mois » analyse-t-il, « après, automatiquement, ils vont devoir se rabattre sur nous ».

•• Effectivement, les fumeurs commencent à penser à la suite. Une habitante de Fère-en-Tardenois, dans le sud de l’Aisne, avait l’habitude de se rendre au Luxembourg pour elle et ses collègues.

Là aussi la frontière est fermée : « en ce qui me concerne, ça va, j’ai encore une petite réserve de tabac à rouler et de tubes, je devrais pouvoir tenir une grande partie du mois d’avril ; mais pour mes collègues de travail à qui je ramène du tabac et des cigarettes du Luxembourg, c’est une autre histoire. Ils vont devoir se débrouiller pour le mois d’avril, voire mai ».