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L’Assemblée suprême du peuple a fait passer, ce 4 novembre, une loi anti-tabac dont les 31 dispositions visent à « resserrer les contrôles juridiques et sociaux, protéger la vie et la santé de la population, offrir des cadres de vie plus cultivés et plus hygiéniques » nous apprend Le Monde

La nouvelle législation interdit ainsi désormais de fumer dans les centres d’éducation politique et idéologique, un certain nombre de lieux publics (dont les cinémas et les théâtres), les établissements médicaux et les écoles ou encore dans les centres commerciaux ainsi que les transports publics. Les contrevenants s’exposent à de fortes sanctions … cohérentes avec la rigueur du régime.

•• La mesure s’annonce toutefois délicate à mettre en œuvre … dans un pays où 46,1 % − chiffre considéré comme sous-évalué − des hommes fument, selon un rapport de 2019 de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Officiellement … aucune femme ne fume car c’est très mal vu. Toujours officiellement, la cigarette est interdite aux moins de 17 ans.

•• Parmi les fumeurs nord-coréens, le premier d’entre eux, Kim Jong-un, est certainement le plus connu. Il enchaînerait cigarette sur cigarette, une habitude qui alimente régulièrement des rumeurs sur sa santé, déjà fragilisée par son embonpoint. Les photos publiées par le quotidien Rodong Sinmun ou par l’agence KCNA le montrent souvent une cigarette à la main, même lors d’essai de missiles, de visites d’écoles ou d’hôpitaux.

•• Difficile de dire quel effet aura la nouvelle législation dans un pays où l’industrie du tabac reste dynamique. Plus de quarante entreprises, dont les conglomérats Naegohyang, Taedong River Tobacco ou Ryongbyong Tobacco, produisent une large gamme de cigarettes pour le marché intérieur.

Entre 2001 et 2007, British American Tobacco a géré à Pyongyang Taesong BAT, une coentreprise créée avec le groupe public Korea Sogyong Chonyonmul.

Depuis les années 2010 et malgré les sanctions économiques, des marques importées, comme « Mevius » (JTI), étaient disponibles dans les grands magasins de Pyongyang.

D’après l’administration générale des douanes chinoises, Pékin a exporté en 2019 vers la Corée du Nord plus de deux milliards de cigarettes. Les boutiques des grands hôtels, comme les marchés privés, proposent des dizaines de marques, toujours à connotation politique comme « Red Star » par exemple.

Kim Jong-un apprécierait les « 727 »,  cigarettes de luxe dont le nom découle du 27 juillet, date anniversaire de l’armistice ayant interrompu les combats de la guerre de Corée (1950-1953); voire, depuis 2018, les « Construction ».

•• Les prix des paquets ne souffrent pas d’un alignement égalitaire. Si celui de 727 se vend autour de 4 euros, celui de la marque la moins chère, « Bonne Récolte », coûterait une dizaine de centimes.